Dustin Cook goûte enfin à l'or

Après l'argent au Colorado et le bronze en... (Jeff Pachoud, Agence France-Presse)

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Après l'argent au Colorado et le bronze en Norvège, le skieur du Lac Sainte-Marie Dustin Cook goûte maintenant à l'or en Coupe du monde de ski alpin.

Jeff Pachoud, Agence France-Presse

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L'été dernier, Dustin Cook a contemplé la retraite, frustré de terminer loin des meneurs. Vendredi, il a célébré sur la plus haute marche du podium pour la première fois de sa carrière.

Le skieur alpin du Lac-Sainte-Marie a mis un gros point d'exclamation sur une saison de rêve en remportant le super-G des finales de la Coupe du monde disputé à Méribel, en France. Il a devancé notamment de cinq centièmes de seconde le Norvégien Kjetil Jansrud, détenteur du globe de cristal dans cette discipline.

«Les mots me manquent pour décrire comment je me sens», a lancé Cook, 26 ans, durant une conférence téléphonique.

Ce dernier s'est rappelé une discussion avec un ami autour de quelques bières, il y a huit ou neuf mois, en Outaouais. Un échange qui a tout changé pour lui, qui songeait remiser ses skis.

Les résultats sur le grand cirque blanc n'étaient pas à la hauteur de ses attentes de même que celles de Canada Alpin. Sa meilleure sortie était alors une 22e position qui remontait en 2012 à Solden.

«Je pensais peut-être arrêter le ski. Mon ami m'a dit que je devais me donner une chance, que j'étais un des plus rapides lors des entraînements. Puis il m'a demandé ce que je ferais si j'arrêtais... J'ai répondu qu'il avait un bon argument», a confié en riant Dustin Cook.

Dès le début de la saison, on a vu un skieur transformé en piste. Tous les morceaux du casse-tête sont enfin tombés en place.

L'athlète de l'Outaouais a pris le 13e lors du premier super-G à Lake Louise. «J'étais emballé par cette performance. Ce fut le tournant», a-t-il soutenu.

En février, Cook a surpris en devenant vice-champion du monde au Colorado. Les pseudo-experts européens se demandaient bien qui était ce Canadien qui venait de se faufiler dans le cercle des vainqueurs.

«C'était même une surprise pour moi», a rappelé le principal intéressé.

«Mais en gagnant dernièrement le bronze en Norvège, ça venait valider ce résultat.»

Et vendredi dans tout ça?

«Mon objectif était clair. C'était de gagner cette course. Je visais l'or. C'était une montagne qui m'allait bien. Les conditions étaient bonnes. J'ai attaqué de front.»

Dustin Cook était le 12e skieur à s'élancer. Il a alors stoppé le chrono à une minute et 6,04 secondes. Un temps qui ne serait pas battu par le reste du peloton.

«J'étais plus nerveux à attendre jusqu'à la fin que je l'étais durant ma descente», a-t-il noté.

Son émergence parmi les plus rapides au monde surprend aussi ses patrons.

«Nous souhaitions que ça soit la saison durant laquelle il y aurait éclosion de sa part. Dustin a éprouvé son lot de difficultés au fil des dernières années, mais il s'accrochait et réduisait l'écart, a témoigné le vice-président de Canada Alpin, Paul Kristofic.

«Nous avons vu souvent de beaux flashs lors des entraînements. Mais personne ne s'attendait à tout ça... Des fois, ça prend plus de temps que la norme pour se mettre en marche.»

Cook reviendra en Outaouais samedi soir. «Très tard», a-t-il pris le soin de préciser.

Une piste nommée Cook

Son nom sera bientôt immortalisé par le centre de ski où sa carrière compétitive a démarré.

Mont Sainte-Marie va rebaptiser une de ses pistes en l'honneur de Dustin Cook, qui a réécrit la riche histoire des sports de glisse en Outaouais ces derniers mois. Ses dirigeants ont confirmé le tout dans les heures qui ont suivi le plus récent exploit de leur membre à la Coupe du monde à Méribel.

«C'est sûr que ça s'en vient», a soutenu le directeur général de Ski Mont Sainte-Marie, Richard Léveillée, lorsque joint par LeDroit.

«Habituellement, on attend quelques années et on fait ça de façon discrète. On pose quelques questions ici et là à la personne... voir quelle piste elle aimait plus jeune. Mais là, on n'a pas vraiment le choix!»

Spécialiste du super-G, Cook est monté trois fois sur le podium international en 2014-2015. Il y a eu l'argent aux championnats du monde. Puis le bronze à la Coupe du monde de Kvitfjell, il y a une dizaine de jours. À cela s'ajoute cette victoire vendredi en France.

«Je vais devoir bâtir un nouveau mur dans le bar pour toutes ces médailles», a lancé en riant Léveillée.

On le devine. Ça se réjouit beaucoup à mont Sainte-Marie pour Dustin Cook. Ses parents possèdent une résidence non loin des pentes.

«La famille est arrivée ici à la fin des années 1990, a relaté Léveillée. Dès le début, Dustin adorait skier vite, me dit-on. Ça n'a pas pris de temps que les coaches ont remarqué qu'il n'avait pas peur.»

On l'aime bien Dustin à cette montagne située à soixante minutes de route au nord de Gatineau. On lui a d'ailleurs organisé une fête après qu'il soit devenu vice-champion du monde.

«Il fait partie de la famille du Mont Sainte-Marie. C'est un jeune qui a grandi chez nous. Je ne dirais pas qu'il a appris à skier ici. Mais il a commencé à participer à des compétitions à Mont Sainte-Marie, a raconté Richard Léveillée.

«C'est un bon vivant à ses heures. Mais c'est un gars qui travaille fort et s'avère respectueux. Ses coéquipiers n'ont que de bons mots pour lui.»

La «Dustin Cook» viendra s'ajouter à trois pistes qui portent les noms des championnes sportives Caroline Calvé, Betsy Clifford et Caroll-Ann Alie.

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