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«Ce n'est pas un moment pour dire au revoir, c'est un moment pour dire merci»

Le cercueil de Jean Béliveau a été porté... (Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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Le cercueil de Jean Béliveau a été porté par les anciens joueurs du Canadien Robert Rousseau, Jean-Guy Talbot, Phil Goyette, Yvan Cournoyer, Guy Lafleur et Serge Savard.

Paul Chiasson, La Presse Canadienne

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La Presse Canadienne
Montréal

Yvan Cournoyer a parlé avec coeur de «son capitaine», Jean Béliveau, à l'occasion des funérailles nationales organisées pour l'ex-capitaine du Canadien de Montréal, décédé la semaine dernière.

M. Cournoyer faisait partie des porteurs du cercueil, en compagnie de Phil Goyette, Guy Lafleur, Robert Rousseau, Serge Savard et Jean-Guy Talbot, qui sont entrés dans la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, mercredi à Montréal, sous les applaudissements et les «Salut Jean!».

M. Cournoyer a raconté avoir développé une grande amitié avec M. Béliveau, qualifiant même cette relation de presque père-fils. Le sanglot dans la voix, il a conclu son témoignage en souhaitant: «Oh capitaine, mon capitaine, bon voyage».

D'autres anciens coéquipiers lui ont également rendu hommage, racontant des anecdotes et décrivant l'homme exceptionnel qu'ils ont côtoyé.

Dickie Moore a parlé de la chance qu'il avait eue d'avoir pu compter sur lui comme coéquipier.

«J'ai été chanceux d'avoir été auprès de Jean pendant de nombreuses années glorieuses avec le Canadien, chanceux d'avoir partagé des moments extraordinaires avec lui, chanceux de l'avoir eu comme ami», a-t-il déclaré en anglais.

«Préféreriez-vous être bon ou chanceux? J'ai été chanceux. Il était bon», a-t-il lancé, faisant rire l'assemblée.

Serge Savard a parlé de son idole, de son modèle et de son mentor. Ken Dryden, qui a joué avec M. Béliveau à la fin de sa carrière de hockeyeur, a mentionné sa grande classe.

«Sa plus grande réalisation a été d'être un homme vraiment bien, une personne exemplaire», a-t-il souligné.

«Ce n'est pas un moment pour dire au revoir, c'est un moment pour dire merci», a-t-il conclu.

Le propriétaire du Canadien, Geoff Molson, a parlé de Jean Béliveau, l'athlète; de Jean Béliveau, l'ami; de Jean Béliveau, le champion; et de Jean Béliveau, l'exemple à suivre.

«Il était un homme à part, un Jean Béliveau comme nul autre», a-t-il conclu.

L'archevêque de Montréal, Christian Lépine, préside ces funérailles nationales dans une cathédrale remplie à pleine capacité. Il est accompagné pour l'occasion de son homologue de Québec, le cardinal Cyprien Lacroix.

De nombreux dignitaires et personnalités du monde du hockey ont tenu à assister à la cérémonie.

Le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, et d'anciens joueurs comme Guy Lapointe, Mario Lemieux, Vincent Damphousse et Guy Carbonneau étaient présents.

Les premiers ministres Stephen Harper et Philippe Couillard, ainsi que le gouverneur général du Canada, David Johnston, ont aussi assisté à l'hommage, tout comme Justin Trudeau, Thomas Mulcair, Denis Coderre, Jean Chrétien, Brian Mulroney, Bernard Landry, Jean Charest et Lucien Bouchard.

«Évidemment, le Canada a perdu un bon citoyen, admiré, respecté par tout le monde, partout au pays. Il était quelqu'un de grand dans son sport, mais plus grand que son sport. J'admire M. Béliveau depuis mon enfance. Il fait déjà partie du Temple de la renommée du hockey; maintenant, il fait partie de l'Histoire du Canada», a déclaré Stephen Harper avant de faire son entrée dans la cathédrale.

Quelques centaines d'amateurs de hockey ont pu entrer à l'intérieur de la cathédrale pour assister à la cérémonie, des places ayant été réservées pour les partisans. Certains s'étaient d'ailleurs présentés tôt en avant-midi, malgré le froid et la tempête, pour s'assurer d'une place. D'autres partisans ont regardé la cérémonie sur les écrans géants installés à proximité. Émus, certains n'ont pu s'empêcher d'essuyer quelques larmes.

L'occasion est si solennelle que même les policiers de Montréal, qui assurent le service d'ordre, ont accepté de vêtir l'uniforme réglementaire au lieu des pantalons de camouflage qu'ils portent pour dénoncer la réforme des régimes de retraite des employés municipaux.

La mort de l'ancien capitaine du Canadien de Montréal a ému la société québécoise. Déjà, des milliers de personnes lui ont rendu hommage en venant visiter son cercueil exposé en chapelle ardente au Centre Bell, dimanche et lundi. Le club de hockey a également honoré sa mémoire avant le début de la rencontre opposant l'équipe aux Canucks de Vancouver, mardi soir.

Reconnu pour sa grande classe, Jean Béliveau est décédé le 2 décembre à l'âge de 83 ans. L'ancien numéro 4 a remporté la coupe Stanley à 17 reprises à titre de joueur et d'administrateur et a été admis au Panthéon du hockey peu de temps après avoir pris sa retraite en 1971. Il a porté le «C» sur son chandail pendant 10 saisons, une fonction qu'il a remplie avec brio et panache. Après sa carrière, il a longtemps oeuvré au sein de la direction du Canadien, étant le vice-président principal aux affaires sociales.

L'un des prédécesseurs de M. Béliveau au capitanat, Maurice Richard, un véritable symbole national, avait lui aussi eu droit à des funérailles nationales lors de son décès en 2000.

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