Est-ce que vous les avez aimés, ces Jeux olympiques très british?
Moi, confortablement assis dans mon salon à les regarder jour après jour sur une télévision à haute définition, j'ai trippé, comme à chaque quatre ans pour la version «été» de ces compétitions. Et comme c'est le cas, peut-être même de façon encore plus intense pour ceux d'hiver, malgré le fait qu'ils soient un peu moins gros, mais tout aussi intenses aux yeux de tout le monde.
J'enviais les collègues qui étaient sur place parce qu'il me semble que pour ces olympiades tenues à l'ombre de Big Ben et près de Fleet Street, la rue où tous les journaux londoniens avaient pignon sur rue anciennement, ce ne sont pas les bonnes histoires à écrire qui manquaient au cours de cette grande fête de 17 jours.
Il y a eu les grosses histoires internationales, les Usain Bolt et Michael Phelps, qui ont transcendé ces Jeux et ont suscité des débats dans les chaumières: est-ce qu'ils sont les plus grands athlètes olympiques de l'histoire, ou juste le plus grand sprinter et le plus grand nageur? Quand Bolt a dit, à la Mohammed Ali, qu'il était «le plus grand», est-ce qu'il avait raison? On pourrait en jaser longtemps. Une chose est certaine, il est électrifiant et il donne tout un «show», qu'on espère revoir en 2016 à Rio, si le temps ne le rattrape pas.
Du côté canadien, on dirait qu'il y a eu autant de tragédies que d'histoires à succès. Et quand je dis succès, je ne parle pas seulement de médailles, car la cinquième place au décathlon de Damian Warner, un athlète dont on avait peu ou pas entendu parler avant les Jeux, vaut certes autant que bien des médailles de bronze, sans vouloir manquer de respect envers ceux qui ont monté sur la troisième marche d'un podium.
Idem pour la cinquième place de la grande Clara Hugues au contre-la-montre, malgré une vertèbre cassée lors de sa chute au Grand Prix cycliste de Gatineau, quand la Canadienne Rhae Shaw lui avait coupé le chemin dans un rond-point du boulevard des Allumettières. Une course que j'avais couverte, par un heureux hasard. L'ancienne patineuse de vitesse avait l'air bien mal en point après avoir pris la huitième place malgré son accident, mais elle pensait que c'était seulement un hématome. Poursuivre sa préparation olympique pendant deux autres mois avec un dos cassé, puis y offrir une performance plus que respectable, il faut le faire!
C'est du sport de haut niveau, cependant, et il ne faut se surprendre de rien quand des athlètes motivés tentent de repousser leurs limites personnelles. On a souvent entendu le mot «incroyable» de la part des commentateurs à la télé au fil de ces JO, mais ce n'est pas un bon choix de mot: ces athlètes d'exception se préparent pendant des années, souvent dans l'anonymat le plus total, pour offrir de grandes performances au bon moment, sous les cinq anneaux olympiques.
Les athlètes du pays hôte étaient prêts à faire exactement ça, en tout cas: 29 médailles d'or, 65 en tout, et des souvenirs pour des années à venir. Le samedi soir du 4août au stade d'athlétisme où trois Anglais Mohamed Faras au 10000 mètres, Jessica Ennis à l'heptathlon et Greg Rutherford au saut en longueur ont remporté l'or en l'espace de 48 minutes était un grand moment de sport, auquel Andy Murray a ajouté un point d'exclamation le lendemain en dominant Roger Federer sur le gazon de Wimbledon où le Suisse était pourtant roi.
Plus de détails dans LeDroit du 14 août 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca