Marcel Legris était si doué qu'il aurait pu connaître ses heures de gloire à Fenway Park. Il a reçu - et rejeté - un contrat de l'organisation des Red Sox de Boston en 1948.
C'était une époque différente. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce fils de Wrightville s'était fait remarquer alors qu'il évoluait au troisième but pour l'équipe de l'Aviation canadienne.
Le salaire que lui offrait le club affilié aux Sox n'était quand même pas mirobolant. Boni à la signature de 75 $, salaire mensuel de 160 $, boni de 200 $ s'il conservait son poste au-delà du 1er juillet...
Le jeune marié qui venait d'entreprendre une carrière dans la fonction publique fédérale a hésité un moment.
En bout de ligne, la peur de s'expatrier à l'étranger pour se lancer dans un domaine où les emplois étaient plus que précaires a eu raison de son rêve.
« Il n'a cependant jamais arrêté de se poser des questions. Il m'en a parlé pour une dernière fois au tout début de l'été. Il s'est toujours demandé jusqu'où son talent aurait pu le mener. En ce qui me concerne, il n'y a pas de doutes. Il était un athlète naturel. Il aurait pu se rendre très loin », affirme un ami de longue date, André Fournier.
Hull-Volant
Dans sa région, tout en menant une brillante carrière de fonctionnaire, M. Legris a utilisé son talent d'athlète pour dominer la très compétitive Ligue commerciale de balle-molle de Hull tout au long des années 1950.
« À l'époque, quand tu jouais pour le Hull-Volant, tu avais presque l'impression d'appartenir à la grande ligue », rappelle l'historien Jean-Claude Trottier.
« Au fil des ans, Marcel Legris s'est imposé comme un des plus grands athlètes que cette région a connu », ajoute-t-il.
Au hockey, il a contribué à la fondation de l'équipe de la Légion de Hull.
Cette dernière a participé au tournoi de la coupe Allan - symbole de la suprématie du hockey senior au Canada - en 1958.
Avec le club du Hull-Volant, quelques années plus tôt, il a participé à une imposante tournée européenne. En 18 parties en Écosse, en Angleterre, en Suisse, en Hollande, en Belgique, en Suède ainsi qu'en France, les représentants de l'Outaouais n'ont subi que quatre défaites.
Plus de détails dans LeDroit du 11 juillet 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca