Un des personnages les plus athlétiques et colorés du monde sportif d'Ottawa-Gatineau, Jean-Paul Lalonde, est décédé dimanche à l'âge de 85 ans. Son prénom sonnait peu familier, même auprès de ses amis. Il était surtout reconnu par son surnom « Lally », obtenu lors d'un séjour dans la marine royale.
Un séjour durant lequel il a remporté un titre à la boxe.
Mais c'est surtout dans trois autres sports qu'il a brillé. Chaque fois au niveau professionnel.
Ce fils de la Basse-Ville a porté les couleurs des Rough Riders d'Ottawa et des Alouettes de Montréal dans la Ligue canadienne de football (LCF), participant au match de la coupe Grey en 1948. Hockeyeur doué, il a évolué à un certain moment au sein d'un club école des Canadiens de Montréal. Il a aussi été un joueur étoile sur le circuit canadien senior de crosse, remportant plusieurs honneurs individuels.
« Ce fut un des grands athlètes canadiens-français du coin. Il n'y a pas grand-chose qu'il n'a pas essayé ou fait dans le sport », a soutenu l'ancien directeur général des Olympiques de Gatineau, Charles Henry, hier, dans les premières secondes d'un entretien téléphonique. « Lally était un de mes amis, un de mes héros, a-t-il ajouté. Il m'a coaché notamment à la crosse. »
« Ça marche pas pantoute »
Ce dernier se souvenait du jour où les Alouettes avaient retranché Lalonde, un ailier espacé, à la fin des années 1940. Les deux hommes avaient eu une discussion.
« Il était choqué, a relaté Henry. Il m'a dit : ça marche pas pantoute. Je viens de me faire battre par un petit Américain. »
Le nom de ce joueur des États-Unis qu'on lui avait préféré ?
« Hal Patterson », a souligné Henry.
Le même Hal Patterson qui allait réécrire le livre des records de la LCF pour un receveur de passes.
« Au moins, il s'est fait battre par tout un joueur. C'était aussi tout un joueur de hockey, Lally. S'il n'a pas joué dans la Ligue nationale de hockey, c'est qu'il n'y avait que six clubs à l'époque. »
Jean-Paul Lalonde n'a pas seulement dirigé des équipes de crosse, une fois sa carrière d'athlète terminée.
On l'a retrouvé à la barre de formations de hockey. Autant junior que senior durant les années 1960 et 1970.
Les ancêtres des Olympiques de Gatineau, qui portaient à l'époque le nom des Festivals de Hull, en avaient notamment fait le quatrième entraîneur-chef de leur histoire en 1974-1975.
« Il avait aussi son émission le samedi matin à la radio à la fin des années 1980. Il prenait des appels. Les gens respectaient son opinion », a noté l'ancien journaliste à la défunte station CKCH, Paul Larabie.
C'est sans compter son travail à l'animation des soirées promotionnelles impliquant des joueurs des Rough Riders.
Parfois, il devait procéder à des tirages dont le prix principal était un gros jambon...
« Il avait un langage assez coloré, a reconnu Jim McAuley, un des historiens du sport dans la Vallée de l'Outaouais. »
« Il ne se gênait pas pour dire ce qu'il pensait », a ajouté Charles Henry.
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