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Pas de cirque, juste un superbe duel de gardiens

Marc Brassard
Le Droit

Dans la foulée d'un week-end un peu fou à travers la LNH, les Sénateurs et les Rangers se sont contentés de jouer au hockey hier soir au Coffre-fort.

Le spectacle était pas mal différent alors que les officiels ont réussi à garder le contrôle pour faire changement, et que les échauffourées après le coup de sifflet ont été limitées.

Pas de «cirque», comme le vétéran des Rangers Mike Rupp avait décrit l'atmosphère de ce printemps chaud en matinée. Pas de «quasi-chaos», le terme utilisé dans l'Ouest par l'entraîneur des Sharks de San Jose Todd McLellan pour décrire la série de son club contre les Blues de St. Louis, et bien d'autres duels de cette première ronde où ça brasse pas à peu près, en particulier en Pennsylvanie.

Juste un superbe duel de gardiens, remporté 1-0 par les Rangers et «King» Henrik Lundqvist.

Le hasard a quand même fait que c'est l'ennemi public numéro deux derrière Carl Hagelin, qui a temporairement sorti Daniel Alfredsson de la série avec son coup de coude dans la capitale, Brian Boyle, qui a fait la différence avec l'unique filet de la rencontre, un beau coup de revers dans la lucarne à la huitième minute du troisième tiers. La foule de 20182 spectateurs n'a même pas eu le temps de le huer quand il a touché à la rondelle, comme elle l'a fait en début de soirée.

En plus de chercher noise à Erik Karlsson lors du premier match, ce qui lui a valu de s'attirer les foudres de Matt Carkner samedi dernier, Boyle a marqué trois buts en trois matches dans cette série. Il est bien parti pour être le John Druce des présentes séries (si vous êtes trop jeunes pour vous rappeler de Druce, faites une recherche sur Google).

Si Boyle savait...

«Si je savais pourquoi ça rentre pour moi maintenant, je l'aurais fait bien avant, a dit Boyle en conférence de presse après coup. Je profite des rebonds chanceux, comme sur mon but (hier soir) alors que la rondelle est revenue rapidement devant le but. Ce n'était pas un jeu facile pour 'Andy' (Craig Anderson).»

Après trois parties de cette série, l'animosité entre les deux clubs n'est pas à un point tel que le hockeyeur américain des New-Yorkais n'était pas capable d'utiliser le surnom du gardien des Sénateurs, semble-t-il.

Si les esprits se sont calmés dans la foulée des suspensions à Hagelin et Carkner, ainsi qu'une drôle d'amende infligée à Zenon Konopka et aux Sénateurs pour avoir dérangé Boyle pendant une entrevue télévisée samedi dernier, les deux clubs se sont quand même livrés une bataille de tous les instants où Anderson et Lundqvist se relançaient l'un l'autre avec des arrêts clés.

«C'était ce genre de match où un but allait faire la différente, et nous avons été chanceux que ce soit 'Boyler' qui est allé le chercher», soulignait le défenseur Dan Girardi, qui avait lancé la rondelle hors-cible intentionnellement sur le jeu afin de profiter des bandes «vivantes» de la PBS.

«Boyle est un gros gars que nous allons devoir marquer un peu mieux, j'imagine», a indiqué l'entraîneur des Sénateurs Paul MacLean après le match.

Ceux qui grimpent dans les rideaux avec tous les incidents qui se sont produits dans les différentes séries au cours des derniers jours seront heureux de noter que le spectacle a été quand même bon même s'il n'y a eu que 10 mineures cinq de chaque côté distribuées par les officiels Brad Watson et Mike Leggo.

Tortorella

«On essaie de jouer de la bonne façon, on avait essayé de le faire l'autre soir (samedi), a noté John Tortorella. C'est notre approche, on va de l'avant et on joue de la bonne manière... Nous avons une identité que nous tentons de cultiver et celle-ci commence avec Hank (Lundqvist) chaque soir où il joue. Et il était là ce soir, il a fait de gros arrêts.»

Lundqvist en a fait 39 en tout, une dizaine de spectaculaires. Il a réservé ses plus gros à Erik Karlsson, à Jared Cowen, peu avant le but de Boyle, et à Kyle Turris, avec une minute à écouler au cadran et Anderson retiré à la faveur d'un sixième attaquant.

«Un blanchissage quand on ne compte qu'un but, c'est 'extra' spécial, surtout que nous avons réussi à finir ce match après avoir échappé le dernier. On était encore frustré du deuxième match, ils ont marqué deux buts chanceux pour revenir dans le match, analysait Lundqvist. Après qu'on ait marqué, j'étais déterminé à ce qu'il soit suffisant. Ils sont bons, ils n'ont jamais abandonné, ils ont beaucoup d'habiletés, même avec 'Alfie' qui n'était pas là. Peu importe qui est dans l'alignement pour eux, j'approche mon match de la même façon. Les gars ont fait la même chose.»

Ses coéquipiers ont particulièrement réussi à embouteiller Jason Spezza, qui a probablement commis plus de revirements que les deux crédités à sa fiche sur la feuille de match.

Si Daniel Alfredsson ne fait pas un retour spectaculaire demain soir, il faudra que Spezza et Milan Michalek se mettent à produire sinon la partie de demain pourrait déjà être la dernière de l'année au Coffre-fort.

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