Dans la KHL, c'est encore pire alors que trois des 24 équipes portent le nom du Dinamo (ou Dynamo), soit les clubs de Moscou, de Riga et de Minsk.
Membre de cette dernière formation à sa deuxième saison dans le circuit professionnel russe, le gardien Kevin Lalande peut affirmer sans crainte de se tromper que son Dinamo n'est pas la risée de la ligue.
L'équipe de la capitale de la Biélorussie représente en fait une des puissances du circuit Medvedev, partageant le deuxième rang de l'association Ouest avec Atlant grâce à un dossier de 20-13-2.
De Clarence Creek à Minsk
La bonne tenue du cerbère originaire de Clarence Creek n'est pas étrangère à ces bonnes performances de Minsk, Lalande figurant parmi les meneurs pour la moyenne de buts alloués (2,10) et le taux d'efficacité (,920). Il a 13 victoires à sa fiche, dont trois par blanchissage, et il a été nommé le gardien de la semaine lors de la dernière semaine d'activités avant les Fêtes.
«Jusqu'à maintenant, je ne peux pas me plaindre. C'est une meilleure expérience que l'année passée, ce n'est pas comparable», a raconté Lalande cette semaine lorsque joint via Skype.
L'ancien des Bulls de Belleville avait ensuite tenté sans succès de percer dans la LNH dans les organisations des Flames de Calgary et des Blue Jackets de Columbus. Il a traversé l'Atlantique la saison dernière pour signer un contrat avec le Vityav de Chekhov, un club qui a terminé en dernière place de sa division.
«L'équipe ici (à Minsk) a un meilleur budget et on ne se prend pas pour des toughs. Ça joue au hockey, c'est pas mal plus le fun, ajoute-t-il. On a des chances de gagner tous les soirs... L'an passé, je n'avais aucune idée dans quoi je m'embarquais, j'avais entendu bien des rumeurs, mais tu en prends et en laisses jusqu'à ce que tu vois par toi-même. Je me suis concentré sur mon travail afin de me donner une chance d'améliorer mon sort cette saison, et ça a fonctionné avec Minsk.»
Le Dinamo lui avait consenti un contrat à deux sens puisque les équipes de la KHL ont des clubs-écoles comme dans la Ligue américaine. Au camp d'entraînement en juillet et août, il a fait la lutte à un gardien norvégien pour le poste d'adjoint à Andreï Mézine, poste qu'il a finalement mérité. Et maintenant Mézine est sur le carreau en raison d'une blessure, ce qui a permis à Lalande de prendre la relève, disputant les six derniers matches des siens.
«Je savais plus à quoi m'attendre en arrivant cette année et au camp, j'ai dû me battre pour ma place. Je savais que j'avais quelque chose à prouver, je devais faire mon nom ici ainsi que dans la ligue. Une partie à la fois, je pense que c'est ce que je suis en train de faire», raconte l'athlète de 24 ans.
Lalande apprécie travailler avec son entraîneur de gardien tchèque, Peter Jaros, un disciple de François Allaire et de David Marcoux. «L'an passé, j'en avais un, mais il ne parlait pas un mot d'anglais», relate-t-il.
Alors qu'il comprend un peu mieux le russe maintenant, son adaptation à Minsk a été d'autant plus facilitée qu'il y a deux autres Canadiens francophones avec le Dinamo, les attaquants Charles Linglet et Daniel Corso, un ancien des Tigres de Victoriaville qui a brièvement joué dans l'organisation des Sénateurs.
«On se sent un peu plus chez vous quand on peut parler français dans le vestiaire et au restaurant. On est souvent ensemble alors que Charles est mon voisin et que Daniel habite à deux minutes de marche de chez moi», dit le jeune homme.
Tragédie du Lokomotiv
Impossible de parler à un hockeyeur de la KHL sans revenir sur l'accident d'avion qui a emporté dans la mort tous les joueurs et entraîneurs du Lokomotiv de Yaroslavl à la veille du début de la saison. Dans la foulée de la tragédie, la KHL avait dit qu'elle exigerait que ses équipes s'assurent d'avoir de meilleures conditions pour leurs vols nolisés, mais il y a encore des histoires d'horreur qui circulent. L'ancien Sénateur André Benoit, à sa première saison avec le Spartak de Moscou, en a d'ailleurs parlé dans un récent article du Toronto Star.
«Après l'accident, le président de la compagnie Bellavia qui s'occupe de nos vols est venu dans le vestiaire expliquer de quel avion on se servait un Boeing 737 dans notre cas et il nous a expliqué le travail des techniciens à bord. Nous avons toujours les mêmes pilotes, qui travaillent ensemble depuis longtemps, donc il n'y a pas de mauvaise communication entre eux», souligne-t-il.
«On était soulagé un peu après ce meeting, surtout après avoir entendu parler que le club d'André (Benoit) se promène dans un avion qui est banni dans le reste de l'Europe. Ce ne sont pas tous les clubs qui ont fait l'ajustement mais nous, on n'a pas eu de mauvaise expérience. Même l'an passé, dans un vieux modèle russe, on ne croyait pas qu'il aurait pu se passer quelque chose. On ne se faisait pas trop brasser, on décollait et on atterrissait comme il faut. Ce n'était pas une inquiétude, mais après ce qui est arrivé au Lokomotiv, on y pense deux fois avant d'embarquer», a-t-il poursuivi.
Pas toujours évidente, la vie dans la deuxième meilleure ligue au monde. Mais il y a d'autres avantages, comme les salaires 10 fois plus élevés que dans la Ligue américaine (sans taxes, par surcroît), qui font que Kevin Lalande pense y poursuivre sa carrière encore quelques années, à moins d'un appel inattendu d'une formation de la LNH.