La flamme de l'espoir survit à l'indifférence

Laurie Odjick et son mari Mark Roote étaient... (Simon-Séguin Bertrand, LeDroit)

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Laurie Odjick et son mari Mark Roote étaient sur la colline du Parlement, jeud soir, pour s'assurer que la mémoire de Maisy ne disparaisse pas.

Simon-Séguin Bertrand, LeDroit

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Laurie Odjick ne perd pas espoir. Quatre ans après que Maisy, sa fille de 16 ans, et son amie Shannon Alexander se soient volatilisées, elle croit toujours qu'on les retrouvera saines et sauves. Malgré l'indifférence des autorités.

Jeudi, la mère autochtone, qui travaille et habite à Kitigan Zibi, une réserve située près de Maniwaki en Outaouais, s'est jointe à une centaine de personnes sur la colline parlementaire, dont plusieurs mères et grands-mères comme elles, sans nouvelles de leurs filles depuis des mois, des années.

En juillet dernier, l'Assemblée des Premières Nations déclarait le 4octobre la Journée nationale du souvenir en hommage aux femmes autochtones assassinées ou disparues au Canada.

Si les statistiques attestent que ce phénomène est bien présent dans les provinces des Prairies et du Pacifique, le cas de Maisy Odjick et Shannon Alexander démontre qu'il ne s'y limite pas.

Le 6septembre 2008, Maisy, 16 ans, et Shannon, 17 ans, ont disparu sans laisser de trace. Elles sont disparues dans la nature en laissant tout derrière: argent, cartes d'identité,etc.

Laurie savait que sa fille ne fuguerait jamais. Idem pour le père de Shannon. Mais les policiers ne l'ont pas cru.

«On a vraiment insisté, mais la police ne nous croyait pas. En fait, les policiers de Kitigan Zibi ont nui à l'enquête, ont nui aux recherches en les qualifiant à répétition de fugueuses, sans faire d'efforts pour les retrouver», raconte la mère, tenant un portrait de sa fille dans ses mains.

Les policiers n'ont offert aucune récompense. Et pendant six mois, les dossiers de disparition des deux amies ont même été gérés séparément, par deux corps de police différents, puisque Shannon habitait à l'extérieur de la réserve. Puis, la Sûreté du Québec est intervenue pour reprendre le dossier.

Devoir de mémoire

«Aujourd'hui, nous rendons hommage aux trop nombreuses femmes qui ont perdu la vie en raison d'actes de violence, ainsi qu'à celles qui ont disparu et n'ont jamais été retrouvées», a déclaré le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo, lors du rassemblement en après-midi. Une vigile aux chandelles a également été tenue en soirée, sur la colline parlementaire, suivie d'une marche dans les rues du marché By.

Le chef national Atleo a appelé le gouvernement du Canada à mettre sur pied une commission d'enquête à ce sujet. Le gouvernement conservateur n'a pas donné suite à cette demande.

Au mois de février 2012, l'APN a organisé un Forum national sur la justice, dont le point culminant a été l'élaboration d'une stratégie nationale d'élimination de la violence à l'encontre des femmes et filles autochtones.

Commission d'enquête ou pas, Laurie Odjick garde espoir. Un jour, elle en est convaincue, Maisy cognera à sa porte. Saine et sauve.

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