Comme le révélait LeDroit dans son édition de mardi, Jean-Jacques Blais allègue que les conservateurs ont violé la Loi sur les langues officielles et la Charte canadienne des droits et libertés en embauchant Michael Ferguson à l'automne 2011. Ce dernier peine à s'exprimer en français, même si le bilinguisme est jugé comme une compétence essentielle à l'obtention du poste de vérificateur général.
Le néo-démocrate Yvon Godin, qui coparraine un projet de loi qui réitérerait le caractère essentiel du bilinguisme exigé de dix agents du Parlement - dont le vérificateur général - estime que la poursuite vient mettre plus de pression sur le gouvernement. «(Le commissaire aux langues officielles) Graham Fraser a dit que le bilinguisme était essentiel, et maintenant la cour va se prononcer là-dessus. C'est à souhaiter que le gouvernement comprenne enfin le message. Le bilinguisme n'est pas souhaitable, il est essentiel», a indiqué le porte-parole du NPD en matière de langues officielles.
Dans les rangs libéraux aussi, la poursuite intentée par l'ex-député franco-ontarien, ministre dans les gouvernements Trudeau, fait des vagues. Sans commenter l'affaire, Stéphane Dion a indiqué que son parti «appuyait la démarche».
Le principal intéressé n'a pas accordé d'entrevues hier. Son bureau affirme toutefois que M.Ferguson comprend «l'importance du français». «Chaque jour, il consacre deuxheures à l'apprentissage du français, et il vient de passer trois semaines en immersion à Saint-Jean-sur-Richelieu», affirme Ghislain Desjardins, gestionnaire des communications du bureau du VG. «Il peut dorénavant converser en français, mais en recourant à l'anglais lorsque nécessaire.»
Les conservateurs réaffirment quant à eux que le vérificateur général «était de loin le plus qualifié» des candidats, même s'il ne répondait pas aux exigences linguistiques essentielles du poste, et qu'il poursuit son apprentissage de la langue française.
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