Comme le révélait LeDroit, mercredi, la Bourse pour étudier en français - le seul incitatif financier du gouvernement ontarien pour étudier dans la langue de la minorité - a été abolie au cours des derniers mois, au moment où les libéraux annonçaient la mise en place d'un rabais de 30% des frais de scolarité.
«Le Commissariat va enquêter, a déclaré mercredi François Boileau. (...) Dans une province où les francophones sont répartis partout mais où les établissements postsecondaires de langue française ne le sont pas, forcément, (l'abolition de la Bourse pour étudier en français) pourrait avoir un impact.»
Meilleur minimise
Invoquant la situation économique difficile, la ministre déléguée aux Affaires francophones a soutenu hier que son gouvernement n'avait eu d'autres choix que d'abolir la Bourse, afin de financer partiellement le nouveau rabais de 30%. «Les étudiants à faibles revenus ont eux aussi besoin de mesures incitatives pour étudier, a-t-elle déclaré. La réduction des frais de scolarité va bénéficier à beaucoup plus, francophones (ou) pas, que la bourse qui existait auparavant.»
Elle a toutefois reconnu que certains Franco-Ontariens provenant de régions éloignées pourraient choisir de se tourner vers des établissements anglophones.
Dénonciation en bloc
Parallèlement, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et l'organisme représentant les 22000 étudiants inscrits dans un programme collégial ou universitaire de langue française en Ontario ont dénoncé hier la suppression de cette bourse qu'ils jugent «essentielle».
Pour le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), «cette décision est contraire à tout ce que disent les étudiants franco-ontariens».
«Les conclusions du Rapport Rae sur les études postsecondaires en Ontario sont pourtant claires: les francophones et les autochtones en Ontario restent sous-scolarisés à comparer au reste de la population ontarienne. Les actions du gouvernement actuel ne tiennent pas compte de l'importance des incitatifs comme la Bourse sur le choix des francophones de poursuivre leurs études dans leur langue maternelle», affirme Alain Dupuis, porte-parole du RÉFO.
Le vice-président de l'AFO, Gilles LeVasseur, parle quant à lui d'une «très grosse perte» pour la collectivité francophone. «C'est majeur. Cette bourse, ce n'est pas qu'une bourse. C'était un outil de développement de l'expertise francophone. Cette décision aura un impact dommageable et majeur sur le développement de la relève franco-ontarienne, notamment dans les régions éloignées.»
Le gouvernement n'a pas cherché à obtenir l'avis d'organismes comme l'AFO ou le RÉFO avant d'annoncer l'abolition de ce programme.
Près de 800 étudiants ont reçu la Bourse pour étudier en français l'an dernier.
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