Nétanyahou: une visite à temps supplémentaire

Jugée «excessive» par l'opposition, la sécurité entourant la visite en mars... (La Presse Canadienne)

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La Presse Canadienne

Philippe Orfali
Le Droit

Jugée «excessive» par l'opposition, la sécurité entourant la visite en mars dernier du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou s'est également avérée coûteuse pour les contribuables.

Comme la visite se déroulait un week-end, la vaste majorité des agents de la Gendarmerie royale à l'oeuvre du 2 au 4 mars ont été rémunérés en heures supplémentaires. Pas moins de 82% des 1552 heures travaillées par des membres de la GRC ont été payées au taux et demi ou au taux double du salaire habituel, révèlent des documents obtenus par LeDroit en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. La GRC n'a toutefois fourni aucune estimation des coûts de la visite.

Appelée en renfort par la GRC, comme c'est quelque fois le cas lors de telles visites, la police d'Ottawa a quant à elle évalué à environ 60000 $ le coût pour les services offerts lors de cette visite de trois jours.

Les deux corps policiers ont refusé de préciser combien de leurs agents travaillaient ce jour-là, citant des préoccupations de sécurité.

«Dans ce genre d'événements-là, le travail de la Police d'Ottawa est d'appuyer la GRC. On participe à l'escorte policière, à la circulation, etc. Et il est possible qu'il y ait eu des agents de la police d'Ottawa sur la colline, à la demande de la GRC», a élaboré le porte-parole Marc Soucy, du Service de police d'Ottawa.

Le 2 mars dernier, plusieurs avaient été choqués par l'ampleur des mesures de sécurité prises à l'occasion de l'arrêt du premier ministre d'Israël au Parlement fédéral.

Toutes les entrées de la cité parlementaires étaient alors gardées par des policiers d'Ottawa ou de la GRC. Surtout, deux rangées de hautes clôtures de métal avaient été installées tout autour de l'édifice du centre, qui abrite la Chambre des communes et le Sénat. Les quelques brèches permettant l'accès des piétons et des véhicules étaient elles aussi gardés par des policiers en uniforme et en veste pare-balles.

Certains députés, dont le néo-démocrate Pat Martin, s'en étaient plaints à la présidence de la Chambre des communes, faisant valoir que leur privilège parlementaire avait été violé. Des élus avaient par exemple été renvoyés à leur bureau, le temps d'aller chercher une pièce d'identité prouvant qu'ils étaient effectivement des parlementaires.

Le service de navette permettant aux employés et aux députés de se déplacer d'un édifice à l'autre avait également été interrompu.

Le Comité de la procédure et des affaires de la Chambre doit se pencher sur la question au cours des prochaines semaines.

Cet incident n'est pas sans rappeler la première visite de George W. Bush à Ottawa, en 2004, alors que certains agents de sécurité avaient carrément bloqué l'accès du Parlement à des députés.

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