Hôpital de Cornwall: Galipeau traite les protestataires de «nigauds»

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Royal Galipeau

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Philippe Orfali
Le Droit

La centaine de protestataires anglophones qui se sont attaqués samedi au bilinguisme de l'Hôpital communautaire de Cornwall sont des « nigauds » qui risquent de ramener le pays 40 ans en arrière, a estimé hier le député conservateur d'Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, dénonçant « l'intolérance linguistique ».

L'élu a fait cette déclaration inattendue au moment d'annoncer que le gouvernement fédéral accordera 1,5 million $ à trois organismes provinciaux, pour stimuler l'emploi dans les secteurs privés et communautaires francophones.

« Encore de nos jours, il y a des nigauds qui continuent de croire que le Canada devrait être le pays d'une seule langue, proférant des slogans comme 'Un pays, un drapeau, une langue' », a déclaré Royal Galipeau, se disant « très troublé » par les actions entreprises en réaction à la politique de bilinguisme de l'hôpital.

Depuis près d'un mois, le conseil municipal de Stormont-Sud retient une enveloppe budgétaire de 30 000 $ accordée par la localité à l'hôpital de Cornwall, afin de protester contre sa politique d'embauche de personnel bilingue, en concordance avec la Loi sur les services en français (la Loi 8). Samedi, près de 150 personnes ont manifesté devant l'hôpital, pour réclamer la tête de la ministre déléguée aux Affaires francophones Madeleine Meilleur et l'abolition de la Loi 8, adoptée il y a 25 ans.

En entrevue à Radio-Canada, samedi, le maire McGillis a qualifié la manifestation de « moment historique ». L'élu affirme que les hôpitaux assujettis à la Loi sur les services en français de l'Ontario, comme les hôpitaux d'Ottawa, Montfort et Cornwall, « embauchent beaucoup de gens de l'extérieur de la province et du Québec » et que ces personnes « volent les emplois ».

Le député Galipeau trouve ces propos abjects. « En tant qu'élu francophone vivant en situation minoritaire, il est de mon devoir de rappeler à tous les Canadiens que la dualité linguistique est là pour rester au Canada », a-t-il tonné.

« J'invite tous ceux qui s'opposent à l'intolérance linguistique de se joindre à moi pour défendre la dualité linguistique, en français comme en anglais. »

M. Galipeau est le premier élu conservateur à se prononcer sur la question de l'hôpital de Cornwall, un établissement de soin de santé qui s'est récemment assujetti à la Loi sur les services en français de l'Ontario. Le député conservateur de l'endroit, Guy Lauzon, n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevue.

Le maire McGillis outré

Joint par LeDroit, hier, le maire McGillis n'a pas pris les propos de M. Galipeau à la légère. « On nous traite de nigauds parce que l'on prône l'égalité pour tous ? Je me demande qui est le vrai nigaud. »

Rappelons que l'Hôpital a été désigné en vertu de la Loi 8 l'an dernier. En 2011, l'établissement a dû pourvoir 217 postes, dont 132 nécessitaient des compétences en français. Seulement 57 d'entre eux ont été comblés par des candidats bilingues, parce que l'hôpital a de la difficulté à trouver des candidats qui satisfont aux exigences linguistiques requises. La région de Cornwall compte près d'un tiers de francophones.

Avec Samuel Blais-Gauthier

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