Les libéraux confient les rênes de l'Ontario à Kathleen Wynne

Kathleen Wynne succède à Dalton McGuinty à la tête... (PHOTO ÉTIENNE RANGER, LE DROIT)

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Kathleen Wynne succède à Dalton McGuinty à la tête du Parti libéral de la province.

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(Toronto) Kathleen Wynne est devenue la première femme à tenir les rênes de l'Ontario, samedi soir. L'ancienne ministre touche-à-tout dans le gouvernement de Dalton McGuinty s'est hissée à la chefferie du Parti libéral de la province après que trois des cinq autres candidats lui eurent donné leur appui.

Six provinces et un territoire au Canada ont maintenant une femme comme chef de gouvernement. Un jalon «historique» pour la représentation féminine sur la scène politique au pays, selon la nouvelle première ministre.

Mme Wynne, 59 ans, s'est engagée à travailler avec les deux partis d'opposition majoritaires à Queen's Park afin d'éviter la tenue d'élections hâtives. Elle leur a tendu une branche d'olivier, annonçant la reprise des travaux de l'Assemblée législative le 19 février, quatre mois après que son prédécesseur, M. McGuinty, eut annoncé sa démission et prorogé le parlement.

«La rancoeur et les méchancetés à l'Assemblée législative ne peuvent pas continuer. Nous devons absolument régler nos différends. Si nous arrivons à bâtir une bonne relation entre les trois chefs, et ensuite entre les trois partis, nous serons en mesure de débattre sans aucune partisanerie», a déclaré Mme Wynne lors de son premier point de presse en tant que chef libérale, dimanche, dans un hôtel de Toronto.

Selon Mme Wynne, il est possible de relancer l'économie de l'Ontario tout en s'attaquant à la réforme de programmes comme l'aide sociale qui, à son avis, «n'en fait pas assez pour remettre les chômeurs sur le marché du travail et leur permettre d'y rester».

L'ancienne ministre de l'Éducation a aussi promis de s'asseoir avec les syndicats des enseignants des écoles publiques anglophones de la province afin de régler la crise qu'a provoqué l'imposition de nouveaux contrats de travail, en vertu de la loi 115, au début janvier.

Samedi, le congrès du Parti libéral se déroulait sous haute surveillance policière au Maple Leaf Gardens, à Toronto, alors que plus d'un millier de syndiqués de l'État manifestaient dans la rue, dénonçant cette loi spéciale.

«C'est clair que Mme Wynne a du pain sur la planche. Premièrement, elle doit remettre la machine en marche. Elle doit aussi refaire l'unité du parti. Et il y a l'enjeu des enseignants. Le simple fait de retourner aux négociations collectives serait déjà un progrès dans ce dossier-là», a analysé au Droit le politologue Alexandre Brassard, directeur de recherche au collège Glendon de l'Université York, à Toronto.

Kathleen Wynne a décroché la chefferie du Parti libéral de l'Ontario après trois tours de scrutin, avec 1150 voix contre 866 pour sa plus proche rivale, Sandra Pupatello, considérée comme la favorite à l'ouverture du congrès. L'ancienne députée de Windsor a conservé la pole position lors des deux premiers tours. Seulement deux voix séparaient les deux femmes après le premier tour.

Charles Sousa a servi de "kingmaker" à Mme Wynne. Le député de Mississauga-Sud s'est retiré après qu'une poignée de délégués l'eurent déserté entre le premier et le deuxième tour. L'appui de cet ancien banquier à la nouvelle chef a créé la surprise sur le parquet du congrès. «Pour moi, le statu quo est inacceptable. Nous devons aller de l'avant. Et nous devons inclure tout le monde, sans égard aux allégeances politiques. Je crois que Kathleen et moi, nous nous complétons», a-t-il expliqué, dimanche.

Les rumeurs veulent que M. Sousa hérite du ministère des Finances lorsque Mme Wynne remaniera son conseil des ministres, d'ici quelques jours. Le Dr Eric Hoskins pourrait lui aussi prendre du gallon. Éliminé après le premier tour, le député de St. Paul's s'est aussitôt rangé derrière la gagnante. On ignore quel rôle jouera l'autre "kingmaker" du congrès, Gerard Kennedy, puisque l'ancien ministre qui en était à sa troisième course à la chefferie d'un parti ne siège pas à l'Assemblée législative.

Le camp Pupatello n'a accueilli qu'un seul rival, Harinder Takhar, qui a décidé d'abandonner après le premier tour de scrutin. Le député de Mississauga-Erindale ne s'est toutefois pas retiré assez rapidement et son nom s'est retrouvé sur le second bulletin de vote. Il a alors récolté 18 voix.

Kathleen Wynne représente la circonscription de Don-Valley-Ouest, à Toronto, depuis 2003. Cette ancienne conseillère scolaire, médiatrice de formation, a dirigé les ministères de l'Éducation, des Transports et, plus récemment, des Affaires municipales et de Logement.

La mère de trois enfants est également la première chef de gouvernement ouvertement lesbienne au pays. «Je ne suis pas une activiste. Mais je sens que j'ai une responsabilité particulière à l'égard des jeunes personnes homosexuelles qui sont à la recherche d'un monde plus tolérant», a-t-elle partagé, dimanche.

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