Dans un rapport intitulé Bâtir l'avenir, le Comité d'experts en matière d'éducation postsecondaire de langue française dans les régions du centre et du sud-ouest de l'Ontario confirme que l'accès à des programmes d'études postsecondaires en français «est très limité» dans le corridor de Toronto à Windsor, où vivent pourtant 34% des francophones de la province.
Le comité d'experts confirme également que «la demande d'éducation en langue française croît de façon soutenue aux paliers élémentaire et secondaire» dans cette région et que «le cumul des pertes d'effectifs du système d'éducation de langue française [...] est en partie lié à l'incertitude quant à l'accès à des services et programmes d'études postsecondaires en langue française».
La proximité géographique est «un facteur clé» pour choisir un établissement postsecondaire, notent les auteurs de Bâtir l'avenir. «L'accroissement de la capacité du système d'éducation de l'Ontario à dispenser un enseignement postsecondaire de langue française (dans le centre-sud-ouest) est un passage obligé; il y va de la pérennité de la langue française, de l'épanouissement de la culture francophone en Ontario pour les générations à venir et du succès futur de l'Ontario comme société du savoir», écrit le comité d'experts qu'a dirigé l'ancien sous-ministre adjoint Raymond Théberge jusqu'en juin dernier.
Le CSF du même avis
Les constats et conclusions du comité d'experts recoupent les grandes lignes d'un rapport spécial du commissariat aux services en français, intitulé Pas d'avenir sans accès, publié l'an dernier. Les deux documents recommandent, en premier lieu, la création d'un secrétariat indépendant chargé de déterminer les besoins et la livraison de services et de programmes d'enseignement en français dans le centre-sud-ouest de l'Ontario.
«Ce rapport consiste en un outil indéniable de plus pour le ministère de la Formation et des Collèges et Universités afin qu'il réponde aux besoins grandissants des francophones, francophiles et nouveaux arrivants», a déclaré le commissaire, MeFrançois Boileau, hier.
MeBoileau recommande d'utiliser le collège universitaire Glendon de l'Université York, à Toronto, comme canevas pour une future université de la langue française. Le comité d'experts encourage, pour sa part, la création d'un établissement à double vocation, collégiale et universitaire, ou de deux établissements partageant des services.
De toutes les communautés francophones de l'Ontario, c'est celle du centre-sud-ouest qui connaît le plus haut taux de croissance. Les francophones et francophiles se heurtent pourtant à un très faible taux d'accès de 0% à 3% lorsqu'il est question d'enseignement postsecondaire en français dans cette région.
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