Les demandes d'asile ont triplé depuis trois semaines au Québec

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La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil

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La Presse Canadienne

La ministre québécoise de l'Immigration confirme que le nombre de demandeurs d'asile qui arrivent chaque jour au Québec a triplé depuis deux semaines.

Alors qu'une cinquantaine de demandeurs arrivaient au Québec chaque jour entre le 1er et le 19 juillet, ce nombre atteint maintenant 150 par jour, a indiqué Kathleen Weil, jeudi, en conférence de presse à Montréal. Jeudi matin, 1575 demandeurs d'asile étaient hébergés temporairement au Québec, indique le ministère de l'Immigration.

La ministre Weil reconnaît que cet afflux soudain exerce une pression importante sur les structures d'accueil, mais elle a bon espoir que la province pourra offrir les soins requis à ces demandeurs pendant le processus d'examen mené par les autorités fédérales. Elle précise que le gouvernement du Québec est en contact permanent avec plusieurs administrations municipales, dont la Ville de Montréal, «qui détiennent une expertise importante, notamment en matière de recherche de logements».

Depuis mercredi, le Stade olympique est réquisitionné pour accueillir temporairement une partie de ces demandeurs d'asile en attente d'une décision fédérale, car les organismes publics ne peuvent plus trouver suffisamment de places dans les hôtels de la région. La Croix-Rouge et d'autres organismes ont mis en place lits de camp et cantines pour ces demandeurs, qui sont aussi soignés, le cas échéant.

Plusieurs de ces demandeurs sont des ressortissants haïtiens qui avaient bénéficié d'un «statut de protection temporaire» aux États-Unis après le séisme dévastateur de 2010 en Haïti. Or, l'administration de Donald Trump entend mettre un terme à ce programme humanitaire, et jusqu'à 60 000 Haïtiens risquent d'être renvoyés dans leur pays.

En vertu de l'»Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs», les demandeurs d'asile sont tenus de présenter leur demande dans le premier pays sûr où ils arrivent. Les migrants qui arrivent des États-Unis ne peuvent donc demander l'asile à un poste-frontière canadien; ils peuvent cependant le faire une fois arrivés en territoire canadien, après avoir été interceptés en passant la frontière de façon irrégulière, entre deux postes officiels.

Au nom du gouvernement fédéral, le député libéral de Ville-Marie?Le Sud-Ouest?Île-des-S?urs, Marc Miller, a assuré jeudi matin que l'Agence des services frontaliers du Canada était capable de gérer ces fluctuations importantes dans le volume de demandes d'asile, «sans compromettre la sécurité des Canadiens».

La ministre Weil rappelle aussi qu'Ottawa s'assure «que toutes les vérifications de sécurité et d'identification nécessaires sont effectuées, et s'engage à prévoir les ressources nécessaires pour accélérer le traitement des demandes d'asile et les démarches d'obtention d'un permis de travail, ainsi que pour garantir une meilleure répartition des demandeurs à travers le pays».

Le député Miller a indiqué qu'Ottawa augmenterait les effectifs et les ressources financières pour assurer un traitement des demandes d'asile dans un délai raisonnable. Il a aussi précisé que les demandeurs qui ne souhaitent pas demeurer au Québec pourront voir leur dossier transféré dans une autre ville, ce qui réduira la pression sur les structures d'accueil temporaire dans cette province.

Du côté canadien d'un point d'entrée non officiel très prisé des migrants, à Hemmingford, à 70 kilomètres au sud de Montréal, les agents de la Gendarmerie royale du Canada ont même installé un centre d'accueil improvisé, alors que ce secteur était jusqu'ici surveillé par une ou deux voitures de patrouille. Les demandeurs en provenance de l'État de New York peuvent recevoir une bouteille d'eau et s'asseoir sous un chapiteau pour se protéger du soleil avant de monter dans des autobus.

L'agent Erique Gasse, de la GRC, précise que tout demandeur soupçonné d'être un criminel sera immédiatement détenu, mais la plupart des migrants sont conduits au poste-frontière de Lacolle, pour y soumettre leur demande d'asile. «Nos agents font un travail remarquable sur le terrain», a-t-il soutenu dans une entrevue téléphonique. «Ils sont patients, professionnels - des policiers canadiens qui font leur travail, tout simplement.»




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