Couillard défend ses liens avec l'ex-organisateur libéral Marc-Yvan Côté

Marc-Yvan Côté... (Yan Doublet, Archives Le Soleil)

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Marc-Yvan Côté

Yan Doublet, Archives Le Soleil

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Philippe Couillard a dit mercredi «avoir tendu la main d'un être humain à un autre être humain», quand il a invité à sa maison Marc-Yvan Côté, cet ancien ministre et organisateur politique du Parti libéral accusé de fraude.

Selon un échange de courriels datant de 2012 obtenu par Québecor, M. Couillard a invité à son chalet M. Côté, qui venait alors d'être éclaboussé par un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada.

Or, lors d'un point de presse à la fin de mars dernier, le premier ministre avait affirmé n'avoir rencontré Marc-Yvan Côté qu'une seule fois lors d'un souper-bénéfice il y a quelques années.

M. Couillard a passé une bonne partie de la période des questions à défendre ses liens avec cette personnalité controversée, alors que l'opposition jugeait qu'il n'avait plus aucune crédibilité en matière d'éthique.

«Je ne mets pas les gens à la poubelle, je ne les renie pas, je leur donne un droit de parole et je veux les écouter, j'ai offert ça à M. Côté, de venir me voir et d'en parler, comment il vit ça, qu'est-ce qu'il voit là-dedans», a déclaré le premier ministre en réponse aux nombreuses attaques, en précisant que M. Côté n'était finalement jamais venu chez lui.

Il a répété qu'il avait dit la vérité et qu'il n'avait pas rencontré M. Côté, quand le chef péquiste Jean-François Lisée l'a accusé d'avoir «finassé avec la vérité».

Mercredi matin, à l'entrée de la séance du caucus libéral à Québec, quand un journaliste a demandé au premier ministre s'il avait menti, il a répondu: «Ben voyons donc», avant de s'engouffrer dans la salle.

Selon le chef de l'Opposition officielle, Jean-François Lisée, M. Couillard est tellement emmêlé dans ses versions qu'il ne sait plus quoi dire.

En conférence de presse mercredi matin, le chef péquiste a soutenu que le premier ministre est maintenant discrédité, puisque son premier réflexe a été d'inviter à son chalet Marc-Yvan Côté, son ami qui est aussi pourtant banni à vie du Parti libéral du Canada, à la suite du scandale du programme fédéral des commandites.

«Je ne sais pas s'il y avait encore des gens au Québec qui pensaient que M. Couillard avait de la crédibilité sur ces questions éthiques. Mais ce matin ils doivent se rendre compte c'est fini. M. Couillard a zéro crédibilité sur des questions éthiques.»

Dans le premier courriel, M. Couillard, qui n'avait pas encore effectué son retour en politique à cette époque, lui offrait son soutien à titre d'»ami» et lui proposait un remue-méninges sur les médias.

M. Côté l'a par la suite remercié pour le «renouvellement de (son) amitié» en disant qu'il allait lui téléphoner.

M. Couillard lui a alors répondu en l'invitant à sa résidence de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean: «Parfait, any time. Et si tu veux monter au lac relaxer, la porte est ouverte!»

Mercredi matin, la plupart des élus libéraux ont refusé de commenter les nouvelles révélations. Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a lancé: «Ça c'est ridicule», avant de tourner les talons.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a déclaré qu'il n'allait pas commenter les courriels privés de M. Couillard alors qu'il n'était même pas en politique.

En réponse à l'accusation lancée par le député Amir Khadir selon laquelle M.Couillard est le premier des menteurs, M. Moreau a répliqué: «je trouve que c'est une insulte inappropriée.»




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