Grève dans la construction : Couillard fixe l'ultimatum à lundi

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Philippe Couillard

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Jocelyne Richer & Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Pendant que des milliers de grévistes de la construction manifestaient dans plusieurs villes du Québec, jeudi, le premier ministre Philippe Couillard a fait savoir qu'il donnait jusqu'à lundi matin aux parties pour s'entendre sur le renouvellement des conventions collectives, à défaut de quoi il enclenchera le processus d'adoption d'une loi spéciale.

« J'ai demandé que le gouvernement prenne des dispositions pour être prêt à agir lundi », a affirmé le premier ministre lors d'un point de presse à Jérusalem, où il se trouve en mission, rappelant que le conflit engendre des pertes de 45 millions $ par jour pour l'économie québécoise.

Et le porte-parole de l'Alliance syndicale, Michel Trépanier, a indiqué en milieu de journée, jeudi, être prêt à reprendre la négociation avec les parties patronales « dans les prochaines heures ».

Les 175 000 ouvriers de la construction du Québec en étaient à leur deuxième journée de grève générale illimitée jeudi dans tous les secteurs : résidentiel, génie civil et voirie, institutionnel, commercial et industriel.

Des manifestations, organisées par l'Alliance syndicale, ont eu... (Ryan Remiorz, La Presse canadienne) - image 2.0

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Des manifestations, organisées par l'Alliance syndicale, ont eu lieu à Montréal, Québec, Sherbrooke, Rimouski, Saguenay, Sept-Îles, Paspébiac et Cap-aux-Meules.

Ryan Remiorz, La Presse canadienne

« Nos emplois, nos familles, c'est pas négociable et ça ne le sera jamais. Aujourd'hui, on est cinq centrales syndicales ici, on est des dizaines de métiers, mais on est un, on est l'industrie de la construction. Puis on est en train de dire : touchez pas à nos familles », a tonné au porte-voix Yves Ouellet, directeur général de la FTQ-Construction, au départ de la manifestation de Montréal.

Cette négociation des quatre conventions collectives dans l'industrie de la construction a ceci de particulier qu'elle a pour thème central la conciliation travail-famille. Il est aussi question des salaires, bien sûr, mais les questions de flexibilité de la main-d'oeuvre, des heures supplémentaires et des horaires, sont centrales.

La manifestation s'est déroulée sans anicroche, hormis les traditionnels autocollants appliqués dans les vitres des édifices et sur un véhicule d'un agent de sécurité. Aucun incident n'a été rapporté, même si les ouvriers sont demeurés une bonne demi-heure devant les bureaux de l'Association de la construction du Québec et même si c'est une fois sur place qu'ils ont appris que le premier ministre Couillard annonçait l'enclenchement du processus menant à une loi spéciale pour mettre fin à leur débrayage, pourtant légal.

De son côté, le premier ministre Couillard n'a pas voulu préciser si l'Assemblée nationale pourrait être rappelée dès lundi pour déposer le projet de loi ou si le processus serait mis en branle lundi pour un dépôt en Chambre mardi.

Le porte-parole de l'Alliance syndicale, Michel Trépanier, s'est dit désolé de voir la menace d'une loi spéciale se concrétiser. « On trouve ça tout le temps malheureux quand un gouvernement sort l'épée de Damoclès d'une loi spéciale. »

Pendant ce temps, les représentants de l'Alliance syndicale ont rencontré la ministre du Travail, Dominique Vien, jeudi à Québec jusqu'à 12 h 15.

« La ministre nous avait demandé de lui présenter un calendrier et un plan de match pour la négociation ; c'est ce qu'on a fait », a rapporté M. Trépanier en entrevue.

La ministre s'en serait montrée satisfaite ; l'Alliance se dit maintenant prête pour « un retour aux tables dans les prochaines heures » avec les associations patronales.

À l'Association de la construction du Québec, le représentant patronal, Éric Côté, a exprimé son souhait de voir les négociations reprendre au plus vite. 

« On a vu l'ultimatum du premier ministre. Je pense qu'on n'a pas le choix : il faut recommencer à négocier. Il nous reste quatre jours. Sinon ce n'est pas nous qui allons décider des conditions. Et ni les travailleurs ni les patrons ne seront contents de ce qu'il y aura dans une loi spéciale », a-t-il opiné.

À l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), le vice-président aux communications, François-William Simard, se dit aussi prêt à recommencer à négocier. 

« Le message du premier ministre a été très clair. Pour nous, le meilleur des scénarios, c'est d'en arriver à une entente négociée. Il nous reste quelques jours pour le faire. Chaque heure qui est perdue compte. »

Dans le secteur résidentiel, les parties ne sont « pas très loin d'une entente », a rapporté M. Simard. Mais M. Trépanier, du côté syndical, a déjà répliqué que si c'était le cas, les ouvriers n'auraient pas déclenché leur grève mercredi matin.




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