Les partis d'opposition remettent en cause l'indépendance du patron de l'UPAC

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Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

Les partis d'opposition ont remis en cause, jeudi matin, l'indépendance du grand patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière.

Une voix s'est ajoutée à leur concert, celle de Lino Zambito, qui a dit avoir carrément perdu confiance en la haute direction de l'UPAC, qui bloque les enquêtes au moment de les transmettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

M. Lafrenière doit participer plus tard en matinée à l'étude des crédits du ministère de la Sécurité publique. Ce rendez-vous annuel est l'occasion pour les députés de poser des questions sur les réalisations de l'UPAC.

Le passage de M. Lafrenière à l'Assemblée nationale est particulièrement attendu cette année: son corps policier a défrayé la manchette presqu'à tous les jours depuis quelques semaines.

Des informations confidentielles ont d'abord coulé aux médias à propos de l'enquête «Mâchurer» qui ciblerait, entre autres, l'ancien premier ministre Jean Charest et l'ex-argentier du Parti libéral du Québec, Marc Bibeau. Aucune accusation n'a été portée.

Puis, M. Lafrenière s'est trouvé forcé de déclencher une enquête interne pour tenter de découvrir d'où venait la fuite.

Le président du syndicat des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a renchéri en alléguant qu'il existerait une «immunité libérale» dans le système de justice au Québec, puisqu'une autre enquête qui ciblerait cette fois deux députés libéraux a été bloquée à un haut niveau. M. Francoeur a approché l'UPAC, mais ce sera finalement la Sûreté du Québec qui enquêtera sur ses allégations.

Tout cela fait dire aux oppositions à Québec que quelque chose ne tourne pas rond. Le leader parlementaire en Chambre du Parti québécois, Pascal Bérubé, a affirmé que M. Lafrenière ne jouit pas d'une indépendance «totale» car celui-ci a été nommé par M. Charest, puis renommé par l'actuel premier ministre, Philippe Couillard.

Lino Zambito et Ken Pereira, deux personnalités qui ont défrayé la manchette au cours des dernières années dans des dossiers liés à la collusion et à la corruption, sont venus à l'Assemblée nationale jeudi écouter la présentation de M. Lafrenière.

En point de presse avant la commission parlementaire, M. Zambito a dit avoir rencontré à de nombreuses reprises les enquêteurs de l'UPAC sans que ces enquêtes n'aboutissent.

«Quand les dossiers sont terminés et vient le temps pour la haute direction de les envoyer au DPCP, on s'accroche les pieds, c'est long, a-t-il déclaré. Moi ce sont eux (la haute direction) que je vise. (...) J'ai perdu confiance en la haute direction.»




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