Le PQ rembourse 130 000 $ au DGEQ

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Le parti dirigé par Jean-François Lisée a demandé à ses députés de prêter 3000 $ au PQ, au cas où il serait condamné à rembourser les 160 000 $ réclamés par le DGEQ pour des contributions présumées illégales.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le Parti québécois (PQ) a remboursé au Directeur général des élections (DGEQ) une partie des dons illégaux qu'il a recueillis.

Par communiqué, le PQ a fait savoir lundi qu'il avait versé 130 000 $ pour des contributions occultes versées entre 2006 et 2009, mais il reste encore des sommes en litige.

Le DGEQ réclame en effet encore 159 000 $ par la voie des tribunaux et le PQ, qui conteste, a aussi annoncé avoir provisionné 150 000 $ en fiducie dans l'éventualité où il aurait à rembourser.

Les élus ont même été sollicités pour regarnir les coffres puisque le parti est en difficultés financières, après la défaite de 2014 et deux courses à la direction en deux ans.

Le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, en a même témoigné, toute en refusant de valider le chiffre de 3000 $ de cotisation par député qui circule, mais sans le démentir non plus.

«J'ai vécu des crises au Parti québécois, j'ai vécu toutes sortes de (choses), mais les gens du Parti québécois, les députés comme les militants, quand il y a des choses à faire, quand il y a des décisions à prendre, on les fait, on se serre les coudes», a-t-il dit, visiblement embarrassé, refusant d'élaborer longuement sur le sujet, au cours d'une conférence de presse sur un autre enjeu à l'Assemblée nationale lundi.

À l'origine, le DGEQ réclamait au PQ pas moins de 284 000 $ en contributions illégales versées entre 2005 et 2011, mais avait ajouté dans les derniers mois deux autres avis de cotisation totalisant 130 000 $.

La formation souverainiste a donc remboursé tout récemment ces 130 000 $, en plus d'un versement de 90 000 $. Toutefois, pour le solde restant, 194 000 $, le PQ n'adhère pas à l'interprétation du DGEQ en ce qui concerne un montant de 159 000 $.

Le chef péquiste Jean-François Lisée avait affirmé que le DGE présentait «un certain nombre de factures», certaines étaient acceptables parce que la preuve était «bonne», mais aussi 159 000 $ pour lesquels «la preuve n'est pas bonne».

En janvier, le DGEQ a donc déposé une requête en Cour supérieure afin de recouvrer le montant réclamé et le PQ a annoncé lundi qu'il avait donc mis de côté 150 000 $ en fiducie, dans l'éventualité où il devrait le rembourser.

Il resterait 44 000 $ qui ne seraient pas le «noeud du problème», a-t-on indiqué à l'interne au PQ, et qui pourraient faire l'objet d'une entente.

La pression se faisait plus forte sur le PQ au cours des derniers mois. Le Parti libéral (PLQ) avait annoncé qu'il avait versé la dernière tranche de ce que le DGEQ lui réclamait, soit 130 000 $ des 640 000 $ qui étaient dus.

Au total, le PLQ a remboursé les 770 769 $ qui lui étaient réclamés, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait de même pour 48 140 $.

La CAQ avait par ailleurs accusé le Parti québécois d'avoir fait campagne avec de «l'argent sale» au cours des élections complémentaires de l'an dernier.

Le député caquiste Simon Jolin-Barrette reprochait à Jean-François Lisée d'avoir mis sur pied une «fiducie bidon», puisqu'elle n'avait toujours pas été provisionnée au complet jusqu'à lundi.

En 2015, le Parti québécois a engrangé un surplus de 35 000 $, comparativement à 5,7 millions $ pour le PLQ, 413 000 $ pour la CAQ et 183 000 $ pour Québec solidaire.




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