«On ne pliera jamais», promettent les juristes

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau,... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a été félicité par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, à la suite du vote des députés qui ont adopté la loi forçant le retour au travail des juristes, en grève depuis le 24 octobre.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Sous le coup d'une loi spéciale, les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) promettent de poursuivre leur combat pour la reconnaissance de leur indépendance.

Après une nuit de débat, les députés ont adopté à 52 contre 38, mardi, la loi qui force le retour au travail des juristes, en grève depuis le 24 octobre.

«Une chose est certaine, on n'a pas plié devant ce gouvernement-là et on ne pliera jamais, a réagi le président de LANEQ, Me Jean Denis. On rentre la tête haute, mais le retour (mercredi) va être très difficile.»

La loi spéciale prévoit la poursuite de la négociation sur une période qui peut s'étirer jusqu'à 105 jours. Faute d'entente, les augmentations consenties aux juristes ne seront que de 6,75 % sur 5 ans. Loin du 9,15 % obtenu par le front commun des fonctionnaires en 2015.

Le président de LANEQ attendra l'appel du président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, avant de s'avancer sur la suite des choses à la table de négociation. Mais il voit dans la loi spéciale une nouvelle façon de placer un «fusil sur la tempe» de son syndicat.

Le mandat a déjà été donné pour contester la légalité de la loi spéciale devant les tribunaux, a indiqué Me Denis. Et les juristes veulent toujours poursuivre Québec en dommages pour plus de 37 millions $ pour négociation de mauvaise foi.

Partie remise

«On peut dire que c'est partie remise», a dit Me Denis, prend sa retraite plutôt que de retourner travailler pour «ce gouvernement odieux qui ne nous respecte pas».

Il assure qu'aucun regret ne l'habite quant à la grève de quatre mois. LANEQ, juge-t-il, a gagné en respect, en solidarité et en notoriété. Les juristes n'ont pas pilé sur leurs principes et continueront à exiger le même statut que les procureurs de la couronne, a dit Me Denis.

Le président du Conseil du trésor a souhaité que le retour des juristes se fasse de «la façon la plus harmonieuse» possible. «Je suis confiant que ce sont des professionnels qui vont respecter les dispositions de la loi», a dit M. Moreau. La loi spéciale prévoit des amendes de 100 $ à 500 $ par jour pour les contrevenants.

Si le droit de grève est protégé par la constitution, a-t-il poursuivi, la Cour suprême a aussi établi que «le droit de négociation et de grève, ce n'est pas infini, et qu'il y a des arbitrages qui peuvent être faits».

Les juristes font un travail essentiel au bon fonctionnement de l'État, convient M. Moreau. Mais ils sont rémunérés en conséquence : plus de 100 000 $ en moyenne, semaine de 35 heures, possibilité de temps supplémentaire, fonds de pension, sécurité d'emploi, a-t-il énuméré.

«Je ne peux pas m'empêcher de constater que ces conditions n'ont pas d'équivalent dans aucun autre domaine où des avocats et des notaires pratiquent, et en particulier dans le secteur privé», a affirmé M. Moreau. Il en veut pour preuve les 1900 dossiers de candidature reçus en janvier, au coeur de la grève, lorsqu'un poste de juriste s'est ouvert.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer