9 millions $ sur 5 ans pour aider les autochtones en milieu urbain

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L'annonce de financement a été faite par la ministre québécoise déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a critiqué le gouvernement, estimant que ce financement n'est que «de la poudre aux yeux».

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Québec débloque près de 9 millions $ sur cinq ans pour soutenir les Autochtones vivant en milieu urbain.

L'argent, tiré du Fonds d'initiatives autochtones, est distribué dans deux enveloppes, l'une de 5 millions $ destinée aux projets de services communautaires directs à la population autochtone vivant en milieu urbain, l'autre, de 3,9 millions $, pour les infrastructures des organismes oeuvrant auprès de cette clientèle.

L'initiative vise à offrir des services communautaires plus ciblés et mieux adaptés aux Autochtones vulnérables ou en situation d'itinérance qui ne trouvent pas de points de repère dans l'environnement urbain.

«Il y a des personnes qui arrivent ici avec beaucoup de rêves, mais quand elles arrivent dans notre réalité et qu'elles ne connaissent pas la ville de Montréal, elles sont complètement perdues et le rêve devient une horreur», a déclaré la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, en conférence de presse, lundi à Montréal.

«Elles ont besoin d'accompagnement. Il faut le faire avec leurs valeurs. Il ne faut pas les déposséder de leur culture», a-t-elle ajouté, faisant valoir la nécessité d'appuyer un réseau de soutien dans lequel les Autochtones se reconnaîtront.

Bien que la ville de Montréal soit l'un des principaux pôles d'attraction des Autochtones, le ministre responsable, Geoffrey Kelley, a précisé que le programme ne se concentre pas sur la métropole.

«C'est un phénomène ici à Montréal, mais également à Val-d'Or, à Québec, à Sept-Îles, à La Tuque et d'autres villes à travers le Québec», a déclaré M. Kelley.

La situation est toutefois problématique à Montréal, où le nombre d'Autochtones a augmenté de 177 pour cent entre 2001 et 2011, passant de près de 7000 à plus de 10 000, selon le recensement de 2011.

«Les besoins pour cette population sont de plus en plus importants», a d'ailleurs noté le ministre Kelley.

Bien que la proportion d'Autochtones, qui représentent 1,6 pour cent de la population de la région métropolitaine de Montréal, demeure faible, ils sont surreprésentés dans plusieurs catégories peu enviables, notamment l'itinérance.

Une étude sur l'itinérance réalisée en août 2013 par la Société de développement social de Ville-Marie faisait état d'une proportion de 31 pour cent d'Autochtones dans un refuge pour itinérants de Montréal.

Réaction mitigée

Les représentants de nombreux organismes communautaires et des Premières Nations ont salué l'initiative, y voyant une occasion d'améliorer le sort des membres de communautés autochtones qui se trouvent isolés en milieu urbain.

Par contre, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a aussi diffusé un communiqué extrêmement critique à la suite de l'annonce, reprochant au gouvernement Couillard d'«échapper à ses responsabilités».

M. Picard dit voir dans l'annonce de lundi «de la poudre aux yeux, destinée à cacher l'inaction» du gouvernement, qui n'a toujours pas mis sur pied d'enquête publique sur les relations entre les services policiers et les membres des Premières Nations, enquête réclamée par l'Assemblée des chefs et par Femmes autochtones au Québec.

L'APNQL reconnaît que les mesures annoncées lundi sont «nécessaires» pour soutenir les organismes communautaires, mais elle ajoute qu'elles ne répondent en rien à la situation vécue par les femmes autochtones.

Selon Ghislain Picard, la situation des Autochtones urbains est une question très complexe «qui mérite mieux que les généralités qu'annonce le gouvernement Couillard, sans avoir consulté l'Assemblée de nos chefs».

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