Couillard prône pour une liberté vestimentaire

Philippe Couillard... (Paul Chiasson, La Presse canadienne)

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Philippe Couillard

Paul Chiasson, La Presse canadienne

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Devant la conférence Global Progress, à Montréal jeudi, le premier ministre Philippe Couillard a dénoncé, sans les nommer, les dirigeants politiques qui veulent dire aux femmes quels vêtements elles peuvent porter au travail, voire à la plage.

Il a aussi critiqué ces dirigeants qui veulent «ériger des murs» plutôt que de prôner l'ouverture et la diversité.

Le premier ministre du Québec a prononcé l'allocution d'ouverture dans le cadre de cette conférence qui réunit des représentants venus parler de mondialisation, d'ouverture des marchés et de diversité, entre autres.

À mots couverts, M. Couillard a critiqué la Coalition avenir Québec, qui a récemment débattu de la question du burkini, ce maillot de bain qui couvre pratiquement tout le corps.

«L'histoire humaine a démontré que nos sociétés peuvent facilement tomber dans le piège du protectionnisme ou pour le mythe de l'homme fort qui apporte des solutions simplistes aux problèmes complexes. 'Construisons un mur! Fermons nos frontières et nos marchés! Disons aux femmes comment elles devraient se vêtir au travail ou même à la plage!' Il est de notre devoir de dire non et de faire primer la voix de la raison, de l'empathie et de l'humanisme», a plaidé le premier ministre Couillard en anglais devant son auditoire.

Il a aussi invité les dirigeants politiques à mesurer leurs propos sur ces questions d'identité, de citoyenneté et d'ouverture aux autres.

«La diversité, c'est une richesse que nous développons au contact des autres. C'est ce qui fait que des sociétés comme le Québec et d'autres sont créatives et innovantes. La diversité, c'est un facteur de croissance économique et sociale. Les leaders politiques doivent construire des ponts entre les communautés plutôt que d'ériger des murs», a poursuivi M. Couillard.

Devant son auditoire, le premier ministre a également fait un lien entre ces questions et les options fédéraliste et souverainiste au Québec.

«Si nous choisissons le fédéralisme, ce n'est pas par nécessité historique ou avantage financier, mais parce que ce type de citoyenneté répond le mieux à notre désir d'horizons plus larges, plus vastes, en créant un espace de partage économique, social et politique», a-t-il ajouté.

«Nous sommes la somme de nos héritages. Chacun d'entre nous peut dresser une longue liste des facteurs qui composent sa propre identité: homme ou femme, origine européenne, africaine ou asiatique, arrivé récemment, religion, langue et autres. Chacun de ces facteurs pourrait devenir - et en fait est souvent vu - comme un facteur d'exclusion. Mais le fait de les prendre tous ensemble nous place sur le sentier de l'inclusion», a plaidé le premier ministre Couillard.

Lisée réplique

À Québec, la sortie du premier ministre Couillard a inspiré une réplique de la part du candidat à la direction du Parti québécois Jean-François Lisée.

«Moi aussi je pense que les hommes ne devraient pas dire aux femmes comment s'habiller. Et je pense en particulier aux dictateurs d'Arabie saoudite, d'Iran et du Qatar qui, depuis des décennies, financent à coups de dizaines de millions de dollars des imams qui viennent dire aux femmes que Dieu leur interdit de montrer leur peau en public», a rétorqué M. Lisée.

M. Lisée a à son tour dénoncé «ces hommes misogynes, rétrogrades et obscurantistes» qui font «un tort considérable» aux femmes.

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