L'Outaouais doit prendre l'initiative, répète le premier ministre

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«Si la région décide que c'est une priorité d'avoir un incubateur, qu'elle en fasse une orientation régionale confirmée et qu'elle présente un dossier», a affirmé le premier ministre Couillard.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Québec n'a pas l'intention de dire à l'Outaouais par quoi doit passer son développement. Il revient à la région de déterminer ses priorités, de s'entendre sur ces dernières et de se donner les outils pour convaincre le gouvernement d'être le partenaire convoité, a affirmé le premier ministre Philippe Couillard lors d'une longue rencontre éditoriale au Droit.

Que ce soit en éducation, en santé, en développement économique ou en tourisme, le message du premier ministre à l'endroit de la région demeure toujours le même.

«Il faut que les priorités soient établies par les gens dont c'est le métier d'établir des priorités, lance-t-il. Il leur revient de dire au gouvernement ce dont ils ont besoin. Il faut prendre l'habitude maintenant de choisir soi-même ses priorités, de choisir ses outils et de faire une demande appuyée par toute la région. C'est bien difficile pour un gouvernement d'ignorer une demande appuyée par toute une région.»

Le manque de cohésion explique peut-être pourquoi la région de l'Outaouais n'a toujours pas d'incubateur pour lancer de nouvelles entreprises, ou encore pourquoi elle est la seule région au Québec à ne pas avoir de Centre collégial de transfert des technologies (CCTT). 

Demandes régionales

«Pourquoi il y a des incubateurs dans certaines régions et pas dans d'autres? demande M. Couillard. Ça doit être le choix de la région. J'en ai visité un fantastique à Drummondville. La région a dit ce qu'elle voulait au gouvernement et nous avons appuyé cette région. Si la région décide que c'est une priorité d'avoir un incubateur, qu'elle en fasse une orientation régionale confirmée et qu'elle présente un dossier. Si le Cégep n'a toujours pas de CCTT, qu'il fasse une autre demande, avec un bon créneau, une défense solide du dossier et des appuis régionaux.»

Quant au gouvernement, ses priorités pour l'Outaouais sont claires et elles sont les mêmes pour tout le Québec, note M. Couillard.

«On a dit qu'on allait équilibrer le budget pour la santé, l'éducation et le développement économique et c'est exactement ce que nous faisons partout au Québec. Le plan est très clair, c'est le même depuis 2014 et c'est aussi celui qui s'applique à l'Outaouais.»

Diversification des revenus: Couillard sert un avertissement à Pedneaud-Jobin

Si le maire de Gatineau entend profiter de la plus grande autonomie que Québec souhaite accorder aux municipalités pour «lever de nouvelles taxes», ce n'est pas le premier ministre Philippe Couillard qui va l'en empêcher.

En rencontre éditoriale au Droit, ce dernier y va toutefois d'un avertissement bien senti à l'endroit de Maxime Pedneaud-Jobin. 

«L'autonomie, ça veut aussi dire la capacité de prendre ses propres décisions, rappelle le premier ministre. Si le maire de Gatineau décide de lever de nouvelles taxes, il devra l'expliquer à ses citoyens, mais ça ne viendra pas de Québec. Nous ne voulons pas être l'outil ou le mécanisme par lequel les citoyens voient leur fardeau fiscal augmenter. C'est trop facile de dire: "Québec me donne le droit, donc je le fais." Si le maire défend un plan de diversification des revenus de sa ville, il le fera. Mais l'autonomie, ça vient avec de la reddition de compte et de l'imputabilité.»

M. Couillard fait ainsi référence à la réflexion entamée, il y a environ un an, sur la diversification de ses revenus. Gatineau souhaite entre autres imposer une taxe aux exploitants de stationnements dans le centre-ville et songe à imposer une taxe de 1,5 ¢ le litre d'essence vendu sur son territoire. Ces deux mesures fiscales combinées rapporteraient annuellement environ 7 millions $ dans les coffres de la Ville de Gatineau.

La question n'a toutefois pas été abordée entre le maire et le premier ministre, lundi, lors d'une rencontre en privé entre les deux hommes au cabinet du maire de Gatineau. M. Couillard a d'ailleurs profité de sa visite à la Maison du citoyen pour signer le Livre d'or de la Ville de Gatineau, en présence du maire et des conseillers municipaux. 

Le projet de loi sur l'autonomie des villes doit être bientôt déposé à Québec. La réponse qu'attend Gatineau devrait s'y retrouver. «Nous voulons pleinement reconnaître les municipalités comme des gouvernements imputables et de proximité, insiste Philippe Couillard. On veut leur donner les outils pour qu'elles puissent se prendre en main, prendre elles-mêmes les décisions qu'elles veulent prendre et en être imputables devant leurs citoyens.»

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