Soins de santé en Outaouais: «c'est long», concède Couillard

Philippe Couillard en entrevue éditoriale dans les bureaux... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Philippe Couillard en entrevue éditoriale dans les bureaux du Droit, mardi après-midi

Patrick Woodbury, LeDroit

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Tout en admettant que «c'est long» pour que la population de l'Outaouais perçoive des résultats dans l'amélioration de l'accès aux soins, le premier ministre Philippe Couillard assure que les patients de la région regagneront confiance envers le réseau de la santé quand ils verront «des exemples complets de succès».

En entrevue éditoriale dans les bureaux du Droit, mardi après-midi, le premier ministre a reconnu l'ampleur du problème d'accès à un médecin de famille en Outaouais. «Clairement, les chiffres montrent que la région ici n'est pas au niveau où elle devrait être, elle est à un niveau d'inscription à un médecin de famille inférieur à 70%, ce qui est très bas», a-t-il mentionné en faisant la comparaison avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où 85% de la population est inscrite auprès d'un omnipraticien.

La solution ne passe pas seulement par un plus grand nombre de médecins, croit M. Couillard, mais aussi par la mise en place d'initiatives comme la mini-urgence pédiatrique de Gatineau ou les projets de supercliniques.

«Il faut que les médecins acceptent également de revoir leurs façons de faire, dit-il. Ce n'est pas un problème de nombre, actuellement, l'enjeu de l'accès aux médecins de famille. À mon avis, c'est beaucoup un problème d'organisation de pratique. [...] Il faut que les choses bougent, parce que sinon, il y aura des mesures [issues de la Loi 20] qui vont être appliquées.»

Au fur et à mesure que de nouveaux projets verront le jour et que «les gens vont voir sous leurs yeux les bénéfices» en découlant, «la confiance va demeurer, et même progresser», estime Philippe Couillard.

Décès de De Sale Gauthier

La mauvaise presse qu'a souvent le réseau de la santé en Outaouais doit aussi changer, croit le premier ministre.

À cet égard, il estime qu'il vaut mieux prévenir que de réagir après la médiatisation des ratés du système. Le cas du décès de De Sale Gauthier, qui a mené au dépôt d'un rapport sévère par un coroner, en est un exemple, puisque les dirigeants du réseau ignoraient son existence avant sa publication dans LeDroit.

«Ça, c'est un problème de fonctionnement interne clair», affirme M. Couillard, qui recommande aux établissements d'agir «proactivement» en révélant à la population tout «incident malheureux» avant que les médias ne le fassent. «Des malheurs comme ce qui est arrivé [à M. Gauthier], ce n'est pas de nature à garder les gens en confiance, admet-il. [...] Ce n'est pas correct, en 2016, d'avoir un épisode semblable.»

À l'époque où il était ministre de la Santé, c'est Philippe Couillard qui a octroyé au réseau de l'Outaouais son statut particulier. Neuf ans plus tard, il juge que l'enveloppe annuelle de 20 millions $ qui y est associée «a eu des effets». «Le 20 millions ne serait plus là s'il n'y avait pas eu d'effets, dit-il. Il y a beaucoup de professionnels de la santé qui sont soit venus ici ou sont restés ici parce que ces politiques-là existent.»

Le premier ministre ne s'offusque pas qu'une partie de l'enveloppe du statut particulier fasse aujourd'hui partie intégrante du budget de fonctionnement du centre de cancérologie ou des urgences. «La ligne est parfois difficile à faire [...] entre ce qui est mesures d'attraction et de rétention purement salariales et les conditions de pratique. [...] Si on considère que pour attirer et garder du personnel de santé, il faut que certaines installations soient plus financées de manière récurrente, moi je pense que c'est acceptable de le faire.»

Au bout de la ligne, Philippe Couillard reste positif.

«Je ne me décourage pas moi là, a-t-il lancé. Vous savez, ce n'est pas facile de gérer un réseau de santé de la taille de celui du Québec avec les spécificités régionales qu'il a, et je sais qu'on va être capable d'y arriver.»

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