Le PQ demande à rétablir le financement en lutte à l'itinérance

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Jean-François Lisée

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Le Parti québécois demande au gouvernement Couillard de rétablir le financement des organismes de lutte contre l'itinérance.

Le député de Rosemont et porte-parole en matière de services sociaux, Jean-François Lisée, s'interroge sur l'hésitation du gouvernement libéral à combler les manques à gagner imposés l'an dernier par le gouvernement Harper en matière de lutte contre l'itinérance, alors que le dernier budget du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, comprenait une enveloppe additionnelle de 17 millions $ pour lutter contre l'itinérance au Québec.

« Les derniers épisodes sont vraiment incompréhensibles parce que le gouvernement Trudeau et le ministre (du Développement social, Jean-Yves) Duclos ont indiqué que le 17 millions $ supplémentaire disponible pour cette année et l'an prochain, le Québec pourra en disposer à sa guise », fait valoir M. Lisée en entrevue avec La Presse Canadienne.

L'an dernier, les conservateurs avaient forcé Québec à réorienter la majorité de l'aide fédérale vers des programmes de logement d'abord, qui visaient à soutenir l'installation d'itinérants dans des logements privés.

L'ensemble du milieu communautaire, de même que l'opposition à Québec et le maire de Montréal, Denis Coderre, s'étaient élevés contre cette décision qui privait plusieurs organismes communautaires de fonds et empêchait le milieu de poursuivre les efforts sur plusieurs fronts, tant en matière d'hébergement temporaire que de soutien et d'accompagnement à la réinsertion.

Plusieurs organismes avaient ainsi vu leurs budgets réduits, leurs activités restreintes et leur personnel affecté, une situation qui s'est concrétisée en avril dernier avec la mise en oeuvre des plans régionaux et qui pourrait être renversée, selon Jean-François Lisée.

« On a pensé que la ministre (déléguée à la Santé publique) Lucie Charbonneau dans l'heure aurait dit : bien sûr, on va faire ça. Et elle ne le dit toujours pas », déplore-t-il.

« Le ministre Duclos est d'accord, le maire de Montréal est d'accord, tout le milieu est d'accord et on attend toujours que la ministre dise : bien sûr. »

Prenant le cas du Centre NAHA, qui vient en aide aux hommes en détresse dans l'Est de Montréal et où un client s'est enlevé la vie la semaine dernière, le député Lisée a fait valoir que ce centre avait perdu une aide de 50 000 $ qui lui permettait d'assurer une surveillance de soir en raison des critères fédéraux.

« Évidemment, on n'accuse personne de quoi que ce soit et peut-être que cette situation n'aurait pas pu être prévenue de toute façon », souligne M. Lisée, mais « ça illustre qu'il est urgent de répartir ce 17 millions $ là où ç'a été coupé ».

« C'est à partir de ce 17 millions $ qu'on dit : prenez cet argent-là pour réparer vos dégâts », ajoute-t-il.

Dans le cas du Centre NAHA, M. Lisée souligne que celui-ci demandait déjà une aide additionnelle pour assurer une surveillance de nuit - ce qui lui a toujours été refusé - de sorte qu'il demande non seulement le rétablissement des 50 000 $ amputés, mais aussi l'ajout d'un autre 50 000 $ pour couvrir non seulement la surveillance de soir, mais aussi pour en assurer une de nuit.

Plus largement, le député de Rosemont s'interroge sur le refus de Québec de renégocier avec Ottawa les conditions de l'aide fédérale décriées par l'ensemble du milieu, alors que le nouveau gouvernement libéral s'est montré ouvert à revenir au modèle original qui prévoyait une répartition des sommes dans une approche généraliste.

« Ils ne veulent pas renégocier l'entente. Ils continuent à dire qu'il n'y a pas de problème. Ils sont dans le déni là-dessus », affirme le député de Rosemont.

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