Le PQ demande les communications entre Heurtel et l'industrie pétrolière

Le député de Terrebonne, Mathieu Traversy... (Mario Beauregard, Archives La Presse Canadienne)

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Le député de Terrebonne, Mathieu Traversy

Mario Beauregard, Archives La Presse Canadienne

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal, QC

Le Parti québécois demande au ministre de l'Environnement, David Heurtel, de rendre publiques les communications entre son ministère et le promoteur du projet d'oléoduc Énergie Est, affirmant que les citoyens «ont le droit de savoir si le gouvernement libéral a choisi de favoriser les intérêts particuliers de TransCanada au détriment de l'intérêt public».

«On est très inquiets parce qu'on voit qu'il y a des communications entre le ministère de l'Environnement et la pétrolière à l'heure actuelle», a déclaré le porte-parole péquiste en matière d'environnement, Mathieu Traversy, en entrevue avec La Presse Canadienne.

M. Traversy qualifie de «complètement surréaliste» le délai de six semaines accordé à la société TransCanada pour réaliser l'étude d'impact environnemental qu'elle doit présenter au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Il rappelle à titre de comparaison que l'on avait prévu 450 jours, soit près d'un an et trois mois, pour préparer une étude similaire pour le BAPE pour le projet Pipeline Saint-Laurent de Valero, entre Montréal-Est et Lévis, un projet beaucoup plus restreint que celui de TransCanada.

«On a peur de voir le ministre faciliter l'arrivée du projet en mettant un «fast-track» (voie rapide) pour la pétrolière TransCanada et on a surtout peur que le BAPE parte avec une étude d'impact qui ne soit pas complète ou qui soit bâclée», a-t-il soutenu.

Bien que ce processus accéléré permettrait au gouvernement du Québec de se documenter en vue des audiences de l'Office national de l'énergie (ONÉ), qui se tiendront à compter du mois d'août, Mathieu Traversy estime que la démarche de l'organisme fédéral ne justifie pas d'éventuels raccourcis.

«Il ne faut pas que l'Office national de l'énergie et TransCanada dictent leur agenda à Québec. Québec se donne le pouvoir d'avoir le dernier mot. On ne fera pas une étude environnementale bâclée parce qu'on veut respecter les échéanciers des autres», a-t-il indiqué.

Un porte-parole de l'ONÉ a toutefois précisé à La Presse Canadienne que le Québec peut faire ses représentations non seulement durant la période d'audiences, qui se déroulera du mois d'août au mois de décembre, mais aussi durant la période de dépôt des mémoires, de janvier à mai 2017, ainsi que lors des plaidoiries finales, en novembre et décembre 2017, de sorte que Québec pourrait aisément accorder plus que les six semaines prévues pour l'étude d'impact de TransCanada.

Selon la logique du porte-parole péquiste, si le Québec est pour prendre la décision ultime, il ne peut se contenter d'un «BAPE à haute vitesse» pour trancher sur le sort de ce qui représenterait le troisième plus long pipeline au monde et le plus important projet de transport d'hydrocarbures en Amérique du Nord.

Notant que le ministre Heurtel a déjà évacué la question des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'évaluation environnementale du projet, M. Traversy dit maintenant craindre que le document de la pétrolière omette d'autres éléments majeurs afin de permettre un dépôt rapide.

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