Querelle de mots sur le dos des femmes

La ministre Lise Thériault a dénoncé les propos... (Jacques Boissinot, PC)

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La ministre Lise Thériault a dénoncé les propos tenus par la députée péquiste Carole Poirier.

Jacques Boissinot, PC

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Une querelle de mots sur le dos des femmes a occupé le devant de la scène politique, mardi, alors que la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, a dénoncé vigoureusement des propos tenus par la députée péquiste Carole Poirier, quatre jours plus tôt, et exigé des excuses.

Vendredi, Mme Thériault était présente lorsque Mme Poirier, dans une charge sans nuances, avait associé les mesures d'austérité du gouvernement libéral à une forme concertée de «violence» dirigée contre les femmes. La ministre n'a pas bronché. Et pas davantage en point de presse par la suite, même quand elle s'est fait demander s'il s'agissait d'un «dérapage» de la députée Poirier.

«Je vous ai laissé poser vous-mêmes le constat», a dit Mme Thériault, mardi, pour toute explication de sa réaction à retardement.

Mardi, Mme Thériault, entourée de plusieurs députés libéraux, hommes et femmes, a affiché son indignation en conférence de presse, demandant à la députée péquiste de s'amender.

Sa collègue la députée libérale Nicole Ménard est allée plus loin, en disant qu'elle devait s'excuser, être rabrouée par son chef ou démissionner de ses fonctions de porte-parole en matière de condition féminine, pour sa «démagogie excessive et malveillante».

Quelques minutes plus tôt, sentant la soupe chauffer, la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, au centre de la controverse, avait convenu qu'elle s'était mal exprimée, en employant «une métaphore malheureuse», mais sur le fond, elle a tenu à maintenir sa position quant à l'impact de l'action gouvernementale sur les femmes.

«L'austérité libérale fait mal aux femmes», a réaffirmé Mme Poirier, qui n'est pas allée jusqu'à s'excuser.

La déclaration qui a mis le feu aux poudres a été faite vendredi matin, lors de l'étude des crédits octroyés à la Condition féminine en 2016-2017. Dans ses remarques d'ouverture, Mme Poirier a déclaré ce qui suit: «Ne jouons pas sur les mots. Depuis deux ans, ce gouvernement s'emploie à mettre en oeuvre des actes de violence et de discrimination sexiste, qui peuvent être physiques, psychologiques, verbaux, économiques, sexuels, sociaux et politiques.»

En point de presse, quelques minutes plus tard, elle avait dit assumer pleinement ses propos.

«En tenant des propos d'une telle gravité, sans le moindre fondement, la députée d'Hochelaga-Maisonneuve banalise la véritable violence que subissent les femmes et détourne l'attention des véritables enjeux», selon Mme Thériault.

La ministre a nié que la série de compressions budgétaires du gouvernement Couillard, depuis deux ans, avait eu un impact négatif sur les femmes. «Il y a zéro coupure dans les crédits que j'ai défendus vendredi», a dit Mme Thériault.

Questionnée par une journaliste à savoir si elle pouvait fournir des statistiques sur la violence faite aux femmes et la violence conjugale depuis l'élection du gouvernement libéral, Mme Thériault a répondu par la négative.

Elle estime que le chef de Mme Poirier, Pierre Karl Péladeau, devrait réagir et la relever de ses fonctions.

Mais ce dernier, se rangeant derrière sa députée, a estimé que l'incident était clos. «Elle s'est expliquée», sur le sujet, a-t-il dit, lors d'une mêlée de presse.

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