Le RÉMI répond à ses «adversaires politiques»

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La conseillère gatinoise et fondatrice du RÉMI, Sylvie Goneau

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Le Regroupement des élus municipaux indépendants (RÉMI) pour la démocratie s'est rapidement attiré les critiques de ce qu'il qualifie lui-même d'«adversaires politiques» en recommandant la fin du scrutin universel comme mode de désignation des maires du Québec.

La conseillère gatinoise et fondatrice du RÉMI, Sylvie Goneau a fait cette recommandation en commission parlementaire sur le projet de loi 83, qui se penche notamment sur le financement politique. 

«C'est carrément du détournement de démocratie», a affirmé jeudi le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, en entrevue avec La Tribune. «Les électeurs veulent savoir pour qui ils vont voter pour être maire de leur ville.» Ce dernier ajoute que la proposition du RÉMI équivaut à un collège électoral. «Ça veut dire que seulement les conseillers décideraient qui deviendrait le maire, ajoute-t-il. C'est très étonnant et surprenant d'entendre pareille proposition d'un organisme qui défend la démocratie. Je ne suis pas d'accord.»

La vive réaction du maire Sévigny a fait sursauter Sylvie Goneau, qui a dénoncé ces déclarations par communiqué de presse, vendredi. «Les réactions d'étonnement de nos adversaires politiques ne sont qu'une manoeuvre pour camoufler la situation inéquitable dont souffrent les élus municipaux indépendants et leurs électeurs», a déclaré Mme Goneau.

La fondatrice du RÉMI précise que les changements au mode de désignation des maires sont un chantier à long terme. «La prochaine élection se tiendra avec le mode de désignation actuel, dit-elle. Notre priorité immédiate est qu'elle se tienne de façon équitable.»

Les principales recommandations du RÉMI en commission parlementaire concernent le financement électoral et les fonds de recherche dont peuvent profiter les élus indépendants. Le RÉMI demande une redistribution plus équitable des 2,7 millions $ réservés par Québec aux différents partis politiques municipaux.

Mme Goneau souhaite aussi qu'un candidat indépendant puisse avoir la possibilité de se présenter à la mairie avec un colistier.

«Je ne suis pas certain du problème que tente de régler le RÉMI», se questionne Pedneaud-Jobin

«Je pense que si on veut renouveler la... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 3.0

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«Je pense que si on veut renouveler la politique, il faut donner plus de pouvoir aux citoyens, pas moins», a lancé le maire Pedneaud-Jobin.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est loin d'être impressionné par la proposition du RÉMI d'abolir le suffrage universel comme mode de désignation des maires au Québec.

«Je pense que si on veut renouveler la politique, il faut donner plus de pouvoir aux citoyens, pas moins, a lancé M. Pedneaud-Jobin. J'aime beaucoup plus que ce soit 180 000 électeurs qui choisissent leur maire que 19 personnes.»

Il n'adhère d'ailleurs pas à la théorie défendue par le RÉMI voulant que les élus indépendants soient victimes d'une iniquité par rapport aux partis politiques.

«J'aimerais bien qu'on les définisse, ces iniquités, et qu'on regarde l'ensemble du portrait, affirme le maire. Je ne suis pas certain quel problème le RÉMI tente de régler. Je ne suis pas fermé à des aménagements qui pourraient favoriser la démocratie, la participation citoyenne et même consolider la concurrence politique, mais il doit y avoir une démonstration du problème. Je n'ai jamais vu de quelles iniquités dont parle le RÉMI.»

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