Poëti n'avait pas la même vision d'Uber que Couillard

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Robert Poëti a perdu ses fonctions de ministre des Transports. Il demeure député de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

En entrevue avec l'animateur Paul Arcand au 98,5 FM, lundi matin, l'ex-ministre des Transports Robert Poëti a fait état d'une différence d'approche entre lui et le premier ministre Philippe Couillard relativement au dossier d'Uber.

M. Poëti a indiqué qu'il avait considéré le service de covoiturage Uber comme étant illégal dès son arrivée dans le paysage québécois.

«J'ai toujours dit que j'étais contre Uber parce que la loi actuellement est claire à ce sujet: c'est du transport commercial rémunéré. (...) Ils vont aller devant les tribunaux, les tribunaux vont trancher et ce sera le tribunal qui dira à tout le monde si c'est légal ou pas. Moi, je l'ai dit que c'était illégal», a déclaré l'ex-ministre, réitérant l'avis qu'il a maintes fois exprimé à ce sujet.

M. Poëti s'est ensuite défendu d'avoir eu un différend avec le premier ministre, mais il a reconnu que l'ouverture manifestée par celui-ci à l'égard d'Uber l'avait obligé à revoir son approche.

«Où on se rejoignait - les gens ont interprété beaucoup de divergences avec moi et M. Couillard, mais ce n'est pas exact - c'est que M. Couillard voulait que ce soit à compétence égale. Il disait: il faut qu'il y ait une compétition loyale», a-t-il dit.

«Dans ce contexte-là, on travaillait pour que, si on peut arriver à une compétition loyale, il y ait des choses dans la loi qui vont devoir changer», a poursuivi M. Poëti, ajoutant qu'il avait ainsi été convenu de chercher des façons de modifier les lois régissant le taxi afin de créer un régime où les chauffeurs de taxi puissent être compensés pour les centaines de milliers de dollars qu'ils ont payés pour leur permis et où Uber et ses chauffeurs soient soumis à une réglementation.

Cependant, Robert Poëti a été rapidement forcé de constater qu'Uber n'avait pas le même concept de compétition loyale que le gouvernement.

«La seule rencontre officielle que j'ai eue avec Uber, avec une feuille 8 et demi par 11 gribouillée - il n'y avait pas grand-chose là-dessus - n'offrait rien d'une compétition loyale», a-t-il dit.

L'ex-ministre a poursuivi en faisant état d'une feuille de route plutôt désolante d'Uber en matière de respect des lois et règlements.

«Il y a des centaines de poursuites à travers le monde sur des ententes qu'Uber ne respecte pas et n'a pas respectées», a-t-il ajouté.

«Si Uber veut embarquer dans le jeu, il va devoir suivre des règles. Ils ne sont pas habitués de suivre des règles», s'est désolé M. Poëti.

Par ailleurs, M. Poëti a reconnu que son exclusion du cabinet avait été un choc et l'avait déçu. Il a raconté dans le détail comment le premier ministre Couillard lui avait annoncé la nouvelle.

«Le premier ministre s'est assis et m'a dit: "Écoute Robert, ça va être une mauvaise journée pour toi. Sur le plan personnel, je n'ai absolument aucune difficulté avec toi; sur le plan professionnel pas du tout; tu es un excellent ministre, mais il y a un timing, un contexte et tu le sais, j'en parle souvent; je veux plus de jeunes, je veux plus de gens des régions et je veux plus de femmes et dans ce timing-là, ça ne fonctionne plus pour toi et tu ne fais plus partie du conseil des ministres dès maintenant."»

M. Poëti a cependant assuré qu'il compléterait son mandat de député de Marguerite-Bourgeoys et qu'il continuerait à contribuer de la manière dont on le lui demanderait.

Il a toutefois précisé qu'il était beaucoup trop tôt pour décider s'il se présenterait à nouveau au prochain scrutin.

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