Registre des armes à feu: Couillard critique la division du PQ

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Saguenay

Le premier ministre Philippe Couillard dit avoir du mal à comprendre «l'hésitation» sur le futur registre québécois des armes à feu.

«J'ai deux armes de chasse chez moi, je n'ai pas été du tout traumatisé par le fait d'avoir à les enregistrer», a-t-il dit jeudi à Davos, où il prenait part au Forum économique mondial.

Le premier ministre n'a pas mis de temps à réagir aux dissensions qui agitaient le caucus du Parti québécois, réuni à Saguenay.

Des élus péquistes ont manifesté jeudi matin leur dissidence sur l'enjeu du registre. Le leader parlementaire, Bernard Drainville, a admis qu'il y avait des «discussions» et que l'enjeu était «délicat».

Des députés de l'opposition péquiste souhaitent un vote libre sur le projet de loi 64 du gouvernement libéral, qui vise à créer un registre québécois, après l'abandon du registre fédéral des armes d'épaule.

Lui-même chasseur, le premier ministre Couillard trouve qu'il est «normal» d'enregistrer ses armes. «J'ai de la difficulté à comprendre cette hésitation. (...) Je ne vois pas l'oppression, je ne vois pas en quoi ça brime qui que ce soit ou quoi que ce soit», a-t-il dit en entrevue à Davos.

Il a rappelé que non seulement les victimes des crimes à l'arme à feu et leurs proches réclament un registre, mais les corps policiers aussi. Selon lui, c'est «dans l'intérêt commun de le faire».

«C'est un enjeu qui est délicat, il faut le reconnaître», a quant à lui affirmé Bernard Drainville dans un point de presse avant d'entrer à la séance du caucus. Il faut, selon lui, trouver un compromis ou un consensus, mais il a ajouté qu'il est prématuré d'évoquer un vote libre.

Les élus de la Gaspésie semblent particulièrement réticents, notamment le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.

«Les gens sont inquiets sur le registre», a fait savoir M. Lelièvre, dans un point de presse. Quand des journalistes lui ont demandé si des électeurs étaient même contre, il a répondu: «absolument, beaucoup (sont contre)».

Il a entre autres parlé de la question du burinage des armes, qui suscite de l'opposition, pour des armes de collection ou des antiquités. M. Lelièvre est favorable à un vote libre sur ce projet de loi.

Bérubé silencieux

Le porte-parole pour les questions de sécurité publique, Pascal Bérubé, avait même confié, la semaine dernière, qu'il avait demandé à être dessaisi du dossier des armes à feu pour mieux refléter l'opinion de ses électeurs.

Curieusement, M. Bérubé, qui est député de Matane-Matapédia, n'a pas voulu répondre aux questions des journalistes, jeudi matin.

Un autre de ses collègues, Sylvain Roy, de Bonaventure, semblait tout aussi mal à l'aise. Il a reconnu qu'il y avait beaucoup de chasseurs dans sa circonscription, mais il a refusé de donner son opinion, tout en lâchant un «j'aime la chasse», avant de s'engouffrer dans la salle du caucus.

Le député d'Abitibi-Ouest et doyen des élus péquistes, François Gendron, a reconnu qu'il y avait une fracture dans le groupe d'élus. «Il y a un débat de fond entre l'urbanité et la ruralité», a-t-il affirmé dans un point de presse.

ll se demande même s'il est nécessaire de mettre sur pied un registre en bonne et due forme s'il existe déjà des données colligées sur les permis d'armes de chasse par exemple.

M. Gendron s'est fait l'écho des récriminations de ses électeurs qui s'estiment lésés par les éventuelles démarches d'inscription au registre.

«Ils se sentent traités comme des criminels en attente. Il faut les écouter, écouter leurs arguments, et répondre honnêtement aux questions posées», a-t-il dit.

La leader parlementaire adjointe, Agnès Maltais, prétend pour sa part que la position du Parti québécois est «claire»: la formation est favorable au registre «sur le fond», parce qu'il s'est «avéré utile», mais sur les modalités, charges administratives, coût des permis, il faut des aménagements, a-t-elle déclaré.

Une position «claire»

En conférence de presse au terme du caucus, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, hôte du caucus, a soutenu aussi que le caucus est favorable au registre et a rappelé que le PQ a voté en faveur de nombreuses motions concernant le maintien du registre fédéral.

Cette position est claire, mais s'il y a lieu de l'améliorer, ce sont des échanges constructifs, ce n'est pas de la division, a poursuivi sa collègue Nicole Léger, présidente du caucus.

Quant à savoir si le PQ allait autoriser la tenue d'un vote libre sur la question, elle a affirmé que la formation n'en est pas là, tout en apportant une réponse ambigüe.

«Le vote libre est toujours présent au Parti québécois, a-t-elle affirmé en conférence de presse au côté de M. Gaudreault. (...) On a des caucus, des échanges, on se donne des positions communes, et quand on vient pour voter, on vote selon la décision qu'on a adoptée au caucus.»

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