Abolir la taxe santé avant de baisser les impôts

Bien qu'il n'écarte pas l'idée de baisser les impôts, le premier ministre... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
DAVOS, Suisse

Bien qu'il n'écarte pas l'idée de baisser les impôts, le premier ministre Philippe Couillard n'entend pas le faire immédiatement, comme le réclame la Coalition avenir Québec.

Parmi les solutions sur lesquelles mise son gouvernement, l'abolition progressive de la taxe santé à compter du 1er janvier 2017 - annoncée dans le dernier budget - figure au haut de la liste, a-t-il rappelé, jeudi, en marge du bilan de sa mission au Forum économique de Davos, en Suisse.

«Cela représente un allégement fiscal important pour les Québécois», a affirmé M. Couillard.

Celui-ci était questionné sur le sujet à la suite de la sortie du chef caquiste François Legault, qui réclame une baisse immédiate des impôts afin de stimuler la consommation des ménages.

M. Couillard a affirmé que les baisses d'impôts faisaient «partie de la solution», avant d'évoquer de nouveau l'abolition progressive de la taxe santé.

«Je suis de ceux qui, comme M. Legault, disent aussi que la fiscalité est trop lourde. On va l'alléger, avec la taxe santé», a-t-il dit.

À son avis, cette promesse électorale privera à terme le gouvernement de recettes estimées à 1 milliard de dollars.

Du côté de Saguenay, le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, a estimé que des baisses d'impôts seraient insuffisantes pour redonner un élan à l'économie québécoise, écorchant au passage le plan économique de Québec ainsi que le chef caquiste.

«On a besoin d'un plan de croissance et les baisses d'impôts ça ne peut pas assurer un redémarrage de l'économie, a-t-il dit. M. Legault est dans un monde imaginaire dans lequel on peut tout faire.»

Sans s'opposer à d'éventuelles baisses d'impôts, le député péquiste a expliqué, en mêlée de presse, que la relance de l'économie québécoise se ferait en grande partie grâce aux entreprises.

«Dans le passé aux États-Unis on a envoyé des chèques aux contribuables et les effets sont extrêmement brefs et temporaires», a affirmé M. Marceau.

Relativiser le revenu en baisse

Par ailleurs, même s'il s'est dit «préoccupé» par le dernier rang occupé par les Québécois en ce qui a trait au revenu disponible au Canada, M. Couillard a relativisé les données publiées en début de semaine par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Aux côtés de son ministre de l'Économie, Jacques Daoust, M. Couillard a affirmé qu'il fallait tenir compte du panier de services offerts par l'État - comme les services de garde - pour comparer le revenu disponible moyen au Québec avec celui des autres provinces.

«Une famille québécoise avec entre 125 000 $ et 150 000 $ de revenu familial a plus de revenu disponible qu'une famille ontarienne, notamment à cause de ces facteurs», a-t-il affirmé.

En 2014, selon l'ISQ, le revenu disponible moyen par habitant, au Québec, s'est élevé à 26 046 $, soit 14% de moins que la moyenne canadienne, qui se situe à 30 270 $, et près de 37% inférieur à celui de l'Alberta, qui malgré les difficultés économiques de la province, trône toujours au premier rang avec un revenu disponible de 40 495 $.

«Je ne dis pas que le problème n'existe pas, on veut que les gens soient mieux payés, mais il faut mieux comparer les choses, a analysé M. Couillard. C'est une question importante, mais je la relativise, compte tenu de ce que les gens reçoivent comme service.»

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