Les chefs de Queen's Park s'opposent à l'AMO

La première ministre Kathleen Wynne s'oppose à une... (Etienne Ranger, Le Droit)

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La première ministre Kathleen Wynne s'oppose à une hausse de la TVH pour financer des projets d'infrastructures municipales.

Etienne Ranger, Le Droit

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Les chefs des trois principaux partis politiques provinciaux de l'Ontario rejettent la suggestion de l'Association des municipalités de l'Ontario (AMO) de hausser d'un pour cent la taxe de vente harmonisée (TVH) pour financer des projets d'infrastructures municipales.

La première ministre et chef du Parti libéral de l'Ontario, Kathleen Wynne, le leader de l'opposition officielle à Queen's Park et chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Patrick Brown, et la chef du NPD, Andrea Horwath, étaient les invités des élus municipaux mardi au congrès annuel de l'AMO à Ottawa. 

Tour à tour, ils se sont opposés à la proposition de faire passer la TVH de 13 % à 14 % pour aider à combler le déficit lié aux infrastructures, une idée développée par l'AMO au cours des deux dernières années. « Ce que nous tentons de faire est d'aider les gens à boucler leurs fins de mois en ces temps incertains », a tranché Mme Wynne, précisant qu'une hausse de la TVH porterait atteinte à ces efforts.

La première ministre a d'ailleurs pris soin de rappeler l'engagement de son gouvernement d'abaisser la facture d'électricité ainsi que la hausse prévue du salaire minimum qui doit atteindre 14 $ l'heure le 1er janvier 2018, et 15 $ l'heure le 1er janvier 2019.

Mme Wynne a précisé qu'il doit y avoir une discussion entre le gouvernement et les municipalités pour savoir ce que les contribuables veulent voir comme alternatives pour générer des revenus, et quelles sont précisément les infrastructures sur lesquelles se pencher. Elle a aussi indiqué qu'il existe déjà plusieurs programmes de financement pour les infrastructures, et a affirmé ne pas avoir été tenue au courant des discussions de l'AMO sur la hausse de la TVH avant tout récemment.

Mme Horwath a justifié sa position en précisant que les gens éprouvent de plus en plus de difficultés à s'acquitter de leurs factures mensuelles, et qu'une croissance de la TVH pénaliserait davantage les personnes à faible revenu. « Ce n'est pas le temps d'ajouter un fardeau additionnel sur les épaules des citoyens », a-t-elle résumé, précisant, par exemple, qu'un gouvernement du NPD assumerait une partie des frais d'exploitation pour le transport en commun, ce qui permettrait d'alléger le fardeau des municipalités.

Pour le leader de l'opposition officielle, aucune nouvelle taxe ne sera imposée par un gouvernement progressiste-conservateur, avance Patrick Brown. Selon lui, une meilleure gestion des deniers publics à l'intérieur des programmes existants et une meilleure imputabilité permettront de trouver l'argent pour les travaux d'infrastructures.

« La vérificatrice générale nous dit qu'il y a des dépassements de coûts de 25 % dans les infrastructures. Ça veut dire qu'il y a des milliards de dollars qui ne vont pas dans les municipalités, ça veut dire qu'il y a des milliards gaspillés », a-t-il suggéré.

L'AMO soutient que les municipalités de la province font face à un manque à gagner d'environ 4,9 milliards $ pour les dix prochaines années pour maintenir les services et pour combler les carences en matière d'infrastructures. Une hausse de la TVH permettrait d'aller chercher 2,5 milliards $ par an. Si la TVH n'est pas augmentée, c'est par la hausse de la taxe foncière que les municipalités devront aller chercher l'argent, prévient-on du côté de l'AMO.

Le maire de Tecumseh et ancien président de l'AMO, Gary McNamara, a signalé que ce ne sont pas toutes les municipalités qui ont les pouvoirs de générer assez de revenus pour maintenir les infrastructures. « Nous ne sommes pas tous comme Toronto ou des villes du Grand Toronto. Il y a plus de 300 municipalités qui ont une population de 10 000 âmes et moins. Je pense que le 1 % a du sens », a-t-il expliqué.

Mis à part les infrastructures, l'AMO signale aussi que les municipalités doivent composer avec des coûts sans cesse grandissants pour les services de sécurité.

En marge de l'assemblée annuelle de l'AMO, la ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, a annoncé lors d'une réunion d'élus francophones qu'une enveloppe de trois millions $ sur trois ans sera dédiée à un fonds communautaire pour les organismes francophones.




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