Un ministère à part entière

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C'est Marie-France Lalonde qui sera responsable du nouveau ministère des Affaires francophones de l'Ontario.

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Le gouvernement ontarien a annoncé sans tambour ni trompette lundi que l'Office des Affaires francophones, créé il y a plus de trois décennies, devenait dès maintenant un ministère à part entière.

La première ministre Kathleen Wynne a profité d'un léger remaniement ministériel, rendu nécessaire à la suite de la démission du ministre de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique, Glen Murray, pour confirmer que l'organisation chargée d'appliquer la Loi sur les services en français était remplacée par un ministère autonome.

C'est Marie-France Lalonde qui prend les rênes de ce nouveau ministère, elle qui était ministre déléguée aux Affaires francophones depuis juin 2016, à la suite de la démission de sa prédécesseure Madeleine Meilleur. La députée d'Ottawa-Orléans sera la toute première ministre de l'histoire de ce nouveau portefeuille, en plus de conserver ses fonctions de ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels.

Attendu depuis belle lurette par plusieurs acteurs de la communauté franco-ontarienne, ce changement qui survient à moins de 11 mois des prochaines élections marque un nouveau tournant pour la province, selon Mme Lalonde, qui affichait un enthousiasme certain quelques heures après son assermentation à Queen's Park. 

« Je pense que c'est une excellente nouvelle. Lorsque j'ai moi-même reçu l'appel de la première ministre, j'étais au milieu d'une rue et je n'ai pu m'empêcher de sauter de joie. [...] Je suis fière de nos accomplissements. Quand je suis devenue ministre l'an dernier, Mme Wynne m'avait demandé de dresser une petite liste de dossiers chauds. Par exemple, la province a obtenu son statut d'observateur au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie l'automne dernier, puis l'idée d'un fonds communautaire d'un million $ par an a germé à la suite de ma tournée provinciale, lors de laquelle les francophones en situation minoritaire m'ont dit qu'il pouvait être difficile d'avoir accès à certains programmes », affirme-t-elle

Par voie de communiqué, la première ministre Wynne a indiqué que « la création d'un ministère autonome donne encore plus de poids au fait que le gouvernement de l'Ontario reconnaît que la population francophone, sa culture et sa langue sont un volet dynamique de la vie en Ontario ». Selon le gouvernement, le tout permettra de « faire la promotion d'un nouvel éclairage francophone pour renforcer les services offerts en français dans les secteurs des soins de santé, des services juridiques et de l'éducation postsecondaire », entre autres. 

Consciente que les attentes sont grandes, Mme Lalonde ne nie pas que la création du ministère ne s'accompagne pas à l'heure actuelle d'une hausse du budget, mais elle ne tarde pas à rappeler que l'enveloppe a été majorée de plus de 20 % ces derniers mois. 

« Je ne peux prédire ce qui va arriver avec le budget 2018-2019. Est-ce que ce sont des ressources humaines qu'il nous faut pour continuer ce bel engagement ? Je vais en discuter avec la sous-ministre et on va continuer de travailler sur nos dossiers prioritaires », dit-elle. 

Par ailleurs, elle ne croit pas que l'importance de la création du ministère ait été sous-estimée en étant annoncée à la toute fin d'un communiqué de presse dont le titre mentionne « une attention accrue sur la communauté francophone », de surcroît en plein été.

« L'occasion de le faire s'est présentée aujourd'hui, à l'occasion d'un remaniement. La démission d'un ministre a ouvert cette porte-là. Soyons fiers. Il y a tellement de belles annonces qui s'en viennent cet automne », a-t-elle répondu.

Cette annonce majeure survient deux mois après que le commissaire aux services en français (CSF) de l'Ontario François Boileau ait profité du dépôt de son rapport annuel pour revenir à la charge en demandant à la ministre Lalonde d'amorcer sans tarder le chantier de refonte de la Loi sur les services en français, mise sur pied en 1986 par l'ex-ministre Bernard Grandmaître. Il veut que la pièce législative soit réécrite avant le prochain scrutin provincial, un échéancier qui sera difficile à respecter, avoue-t-il.

La province compte près de 612 000 francophones, selon le recensement datant de 2011, soit environ 5 % de la population totale.

« Plus de crédibilité et de poids »

Les réactions n'ont pas tardé à fuser dans la sphère franco-ontarienne à la suite de l'annonce de la création d'un ministère des Affaires francophones. 

Si certes le positivisme et l'optimisme règnent, tous s'entendent pour dire que cette annonce historique devra tôt ou tard s'accompagner d'un rehaussement à la fois des ressources et du financement consacré à la langue de Molière en Ontario.

«On ne s'y attendait pas aujourd'hui, mais ça faisait déjà un moment qu'on effectuait des représentations à ce sujet-là au nom de la communauté. On est très heureux de voir que le gouvernement emprunte cette voie-là. Un ministère a toujours plus de poids et de crédibilité qu'un Office. On l'a bien vu avec les aînés, qui ont maintenant leur propre ministère. Le budget est souvent rehaussé et le mandat est élargi. On espère que ça ira dans le même sens dans ce cas-ci», soutient d'emblée le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin. 

Le président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, s'est quant à lui réjoui de la nouvelle par le biais de son compte Twitter. 

«Une énorme avancée pour la communauté franco-ontarienne ! Nous nous rapprochons d'une province qui nous reconnaît complètement», a-t-il écrit.

Même son de cloche à l'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO), qui espère que cette modification permettra de faire avancer plus rapidement les dossiers d'importance comme la désignation bilingue de la Ville d'Ottawa ou la création de l'université franco-ontarienne.

«C'est une bonne nouvelle, qui démontre la place qu'on donne à la francophonie et au dynamisme de celui-ci, à la fois sur le plan culturel, économique, touristique, patrimonial ou encore linguistique. On veut aussi que le travail des organismes franco-ontariens soit mieux reconnu, que ça puisse permettre de constater à quel point ils sons sous-financés», signale une administratrice de l'ACFO, Soukaina Boutiyeb.




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