300 000 $ pour l'Organisation internationale de la francophonie

La première ministre Kathleen Wynne en compagnie de la... (Etienne Ranger, Le Droit)

Agrandir

La première ministre Kathleen Wynne en compagnie de la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, et du président et éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau.

Etienne Ranger, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'Ontario a annoncé jeudi soir l'octroi d'une somme de 300 000 $ à l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), à peine sept mois après avoir obtenu le statut d'observateur au sein de ce regroupement qui compte 84 États et gouvernements membres dans ses rangs.

C'est la première ministre Kathleen Wynne qui en a fait l'annonce devant un parterre de quelque 200 personnes réunies en marge du coup d'envoi officiel du 42e Festival franco-ontarien au Château Laurier. 

L'investissement sera réparti entre l'Institut de la Francophonie pour l'Éducation et la Formation (IFEF), un fonds mis sur pied pour soutenir des possibilités éducationnelles inclusives ; le programme Égalité femme-homme, qui encourage l'égalité entre les sexes ; ainsi que le fonds à usage général de l'OIF.

« Dorénavant, nous avons notre place sur la scène internationale et nous pouvons tous en être fiers », a lancé Mme Wynne.

Se disant impressionnée par la place que la première ministre Wynne fait à la francophonie dans son coeur et rappelant que le dossier de candidature soumis l'an dernier par l'Ontario « servait d'exemple » et était « extrêmement convaincant », la secrétaire générale de l'OIF, Michaëlle Jean, n'a pas raté sa chance d'inviter la province à passer à la prochaine étape, soit de passer d'observateur à État membre « à part entière ». 

« L'Ontario a beaucoup à offrir et à recevoir de l'espace francophone. Il faut le voir comme ça. C'est un accès à un espace de solidarité et de coopération qui s'étend sur cinq continents, à d'infinies possibilités », a-t-elle indiqué. 

Une entente de coopération a également été signée entre le Réseau de développement économique et d'employabilité de l'Ontario et l'Institut de la Francophonie pour le développement durable, établi dans la Belle Province. L'accord aidera entre autres à stimuler l'innovation et à encourager le développement durable parmi les entrepreneurs franco-ontariens.

Avec une population de 612 000 francophones, l'Ontario a la plus importante communauté s'exprimant dans la langue de Molière au Canada, à l'extérieur du Québec.

En bref

Des consultations sur la marijuana 

À l'instar du Québec, le gouvernement ontarien prévoit lancer prochainement une consultation publique pour encadrer la légalisation du cannabis, affirme la première ministre Wynne.

«Je veux parler avec mes collègues premiers ministres cet été parce que nous travaillons ensemble pour collaborer avec le fédéral. Il faut s'assurer que chaque province ait un régime qui est responsable. Pour moi, le plus important sera la sécurité des gens, particulièrement celle des jeunes, mais aussi toute la question de la sécurité routière, entre autres sur les autoroutes», dit-elle.

Le gouvernement fédéral vise, rappelons-le, une légalisation du cannabis à usage récréatif pour juillet 2018. Signalant que le ministre des Finances Charles Sousa et le Procureur général Yasir Naqvi ont le mandat d'établir quelle forme prendront les consultations, Mme Wynne indique que plusieurs scénarios sont sur la table et qu'il est trop tôt pour dire si la marijuana pourrait être achetée dans un endroit comme la LCBO, par exemple.

Oui à un débat des chefs en français

La première ministre Wynne se dit très ouverte à l'idée de prendre part à un débat des chefs entièrement en français lors des prochaines élections provinciales, qui constituerait une première dans l'histoire de la province.

« Oui, c'est une possibilité. Je me demande même pourquoi on ne s'est pas posé cette question il y a cinq ou dix ans, car nous sommes dans une province qui a une francophonie très forte et vivante. Lors de la course au leadership, nous avions eu des débats en français. Peut-être n'était-ce pas un plaisir pour les francophones de les écouter », affirme-t-elle en riant.

Pas plus tard que la semaine passée, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a indiqué qu'avec la présence de deux chefs de partis s'exprimant couramment dans la langue de Molière, (Mme Wynne et le chef progressiste-conservateur Patrick Brown), « les astres n'ont jamais été aussi bien alignés pour procéder à un tel exercice démocratique ».

Seule la chef du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario, Andrea Horwath, ne s'exprime pas en français, mais la première ministre a indiqué au Droit qu'elle était prête à croiser le fer avec tous ses adversaires, et ce même en l'absence de Mme Horwath.

Une carte santé affichant la langue de préférence ?

Un accès plus large à des services en français en Ontario, un enjeu qui préoccupe beaucoup le Commissaire aux services en français de l'Ontario François Boileau, est un sujet sur lequel planche le gouvernement de Kathleen Wynne.

L'option que tous les citoyens puissent afficher leur langue de préférence bien en vue sur leur carte santé est même envisagée. Le projet demandé par plusieurs organismes étant actuellement à l'étude et chemine au ministère de la Santé et des Soins de longue durée.

Le sous-ministre adjoint Tim Hadwen aurait d'ailleurs récemment reçu une mise à jour sur ce dossier, a-t-on appris.

La ministre Marie-France Lalonde indique par ailleurs que le projet de rendre disponible la carte santé en ligne, actuellement étudié, ouvre aussi la porte à cette possibilité.

À quand une refonte de la LSF?

La refonte de la Loi sur les services en français (LSF) en Ontario fait toujours partie des priorités du gouvernement, assure la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde, qui s'attend à ce qu'un plan concret soit déposé sur son bureau cet automne.

«L'engagement a toujours été là. Lorsque je me promène en province, ce que j'entends, c'est la complexité et la lenteur du processus. Oui, on est fier d'avoir 26 régions désignées et la LSF nous a amenés là où on est aujourd'hui, mais elle a besoin d'être modernisée. Si j'écoute Bernard Grandmaître (qui a mis sur pied la loi en 1986), il va me dire de faire attention. Je pense qu'on en est là», dit-elle, consciente que la demande d'une mise à jour ne date pas d'hier.

L'élue assure qu'elle est une politicienne qui préfère agir plutôt que de parler.

Wynne ferme la porte à des élections anticipées

La première ministre Kathleen Wynne est catégorique : il est hors de question pour son gouvernement de déclencher des élections anticipées.

Le prochain scrutin provincial est à l'agenda le 7 juin 2018 et il le restera, affirme celle à qui l'opposition a récemment reproché d'avoir fait plusieurs annonces électoralistes.

«Ce n'est pas une possibilité pour nous. Je ne sais pas qui croit que ça l'est, mais pour nous ce ne l'est pas. [...] Nous avons décidé d'avoir des élections à date fixe et je suis très occupée, je n'ai pas le temps pour une élection en ce moment. Nous avons un plan pour s'assurer que nous avons une économie inclusive et juste, en plus d'avoir présenté le premier budget équilibré depuis presque dix ans. Il y a plusieurs politiques que nous pouvons mettre en oeuvre parce que le budget est équilibré, par exemple l'assurance-médicaments universelle pour les jeunes de moins de 25 ans ou encore les rabais sur l'électricité», lance-t-elle.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer