Wynne fait sa profession de foi

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, était... (Étienne Ranger, Le Droit)

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, était de passage dans les bureaux du Droit, jeudi.

Étienne Ranger, Le Droit

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«Pour moi, l'Ontario est plus forte quand la francophonie est forte.»

Pointée du doigt la semaine dernière par l'Assemblée de la francophonie qui qualifie de «faible» le bilan du gouvernement libéral, la première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne était de passage dans les bureaux du Droit jeudi à l'occasion d'une rencontre éditoriale, une première depuis 11 ans. Et c'est entre autres avec ces mots qu'elle a fait sa profession de foi, soutenant qu'elle est très sensible aux revendications des francophones et se disant «désolée» que certains aient le sentiment contraire.

«La francophonie est très importante pour moi. Quand j'étais ministre de l'Éducation, j'ai travaillé très fort pour encourager le système d'éducation francophone. Les politiques d'aménagement linguistiques en sont un bel exemple. Nous avons beaucoup de succès avec ce système», a-t-elle d'emblée lancé lors de l'entrevue qui s'est quasi intégralement déroulée en français.

Rappelant au passage que son gouvernement a présenté à l'hiver 2016 des excuses officielles à la population franco-ontarienne au sujet de l'adoption du Règlement XVII il y a plus d'un siècle, Mme Wynne y est allée d'un exemple de son vécu pour affirmer que la francophonie fait partie de l'identité même de la province.

«Quand j'étais une jeune adulte et que je voyageais aux États-Unis, je rencontrais des gens qui ne parlaient qu'une langue (l'anglais) et qui n'avaient jamais même été exposés à une autre langue. Je ressentais alors vraiment la différence entre eux et moi. Je pense que nous, les Canadiens, sommes consciencieux et comprenons fondamentalement qu'il n'y a pas qu'une seule langue dans le monde. Pour moi, c'est une croyance très forte», dit celle qui a suivi ses premières leçons de français à l'âge de dix ans, à la demande de sa mère.

Université franco-ontarienne

Réclamé depuis quelques années, le projet de création d'une université franco-ontarienne va bientôt faire un pas de plus, assure Mme Wynne, car le comité de planification présidé par Dyane Adam doit remettre son rapport au gouvernement d'ici deux semaines. Il sera rendu public le plus rapidement possible, une fois que la ministre déléguée aux Affaires francophones (Marie-France Lalonde) l'aura lu, promet-on. 

«Est-ce que ce sera un édifice qui sera construit ou une collaboration entre des institutions déjà existantes? Je ne peux pas le dire. [...] La question est compliquée, car en Ontario, avec notre grande superficie, nous avons toujours la question des coûts. Ce sera dans quelle région? Et est-ce que ce sera dans une ou deux villes?», affirme la première ministre, qui n'a pas précisé si un budget avait été alloué pour le projet. 

Alors que le bilinguisme officiel à la Ville d'Ottawa est un sujet qui continue de faire couler passablement d'encre, Mme Wynne s'est dite fière du projet de loi privé récemment déposé à ce sujet par la députée Nathalie Des Rosiers, ajoutant qu'elle compte y donner son appui parce qu'il vient «réaffirmer» le bilinguisme dans la capitale. 

Soutenant qu'elle préfère travailler main dans la main avec le maire Jim Watson plutôt que de forcer la note dans ce dossier, elle laisse cependant présager que ce projet de loi privé pourrait bien être qu'une première étape du processus. La première ministre a cité en exemple l'époque où elle était simple députée et où elle avait déposé dans son comté un projet de loi privé qui s'était plus tard transformé en projet de loi gouvernemental.




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