Un projet de loi «rassembleur» pour le bilinguisme officiel

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Carol Jolin, président de l'AFO, s'est adressé à la foule réunie à l'école secondaire de La Salle, mercredi soir.

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La députée provinciale d'Ottawa-Vanier Nathalie Des Rosiers a déposé mercredi à Queen's Park un projet de loi privé visant à «reconnaître le caractère bilingue» de la Ville d'Ottawa.

La pièce législative de la députée élue en novembre dernier, si elle est adoptée l'automne prochain, permettrait d'enchâsser le règlement actuel sur le bilinguisme d'Ottawa ainsi que la politique linguistique de la municipalité dans la Loi sur la ville d'Ottawa.

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La députée d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers

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«C'est important d'avoir une loi qui reflète la réalité du bilinguisme. Ce qu'on a actuellement, c'est dans un langage vraiment peu adapté. On a donc pris le libellé de la politique et du règlement à Ottawa pour que ça se reflète dans la loi. Il s'agit d'un moyen d'assurer la pérennité du caractère bilingue et l'idée est aussi d'assurer une certaine progression dans le débat», soutient-elle, prétendant que la mesure répondra aux demandes formulées par plusieurs organisations francophones avec qui elle a eu des pourparlers.

Indiquant qu'elle compte continuer à faire progresser le dossier cet été, la députée d'Ottawa-Vanier se dit confiante et s'attend à avoir l'appui des partis d'opposition. Interrogée à savoir si des collègues de son propre parti pourraient ne pas se rallier derrière son projet, elle a répondu qu'elle «n'était pas rendue là», mais que ses quatre collègues du caucus de la région l'appuient.

«Ce que ces changements-là garantissent à monsieur et madame tout-le-monde, c'est que si un autre maire entrait en poste et avait une vision des choses complètement différente, on aura fait notre travail pour que ce soit beaucoup plus difficile pour lui d'abroger un règlement sur les services en français, il serait forcé de revenir devant la législature», affirme l'élue.

La réaction du maire Jim Watson, qui a toujours refusé d'accorder un statut officiel bilingue à la Ville parce qu'il considère que la politique actuelle répond aux besoins, n'a pas tardé.

«Le maire n'a pas eu l'occasion de discuter avec Mme Des Rosiers. Cependant, après avoir consulté nos services juridiques, il estime que le projet de loi proposé n'aura aucune incidence sur notre règlement municipal et notre politique de bilinguisme, car nous fournissons déjà des services en français et en anglais», de dire son attachée de presse, Livia Belcea.

Quant à l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), son président Carol Jolin a dit qu'il levait son chapeau à la députée Des Rosiers pour son initiative, laquelle il appuie, et demande aux parlementaires de l'adopter dans les plus brefs délais.

«La lutte n'est pas encore finie»

« C'est un grand pas en avant, mais la lutte n'est pas encore finie », a déclaré mercredi le président-désigné de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, à propos du projet de loi privé pour officialiser le bilinguisme à Ottawa.

Même si le projet de loi déposé mercredi par la députée provinciale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, présente une « version modifiée de l'approche législative proposée par le mouvement #OttawaBilingue », les organismes partenaires de ce mouvement n'ont pas hésité à montrer leur optimisme.

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Les organismes partenaires de ce mouvement n'ont pas hésité à montrer leur optimisme.

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« Je crois que ce projet de loi va faire bouger les choses, a exprimé le coprésident du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Yacouba Condé. C'est une façon de pointer du doigt le manque de services en français dans la capitale, et de montrer au gouvernement ce qu'on veut. »

Il existe déjà une politique et un règlement à propos du bilinguisme, mais le projet de loi prévoit de les enchâsser dans la Loi sur la ville d'Ottawa. « Est-ce que ça nous donne vraiment 100 % de ce que les gens aimeraient dans un monde merveilleux ? Pas nécessairement. Mais ça nous donne beaucoup. Ça nous met sur la bonne voie », a commenté un militant du mouvement #OttawaBilingue, Lucien Bradet.

« On veut que ce soit désigné comme officiellement bilingue, et c'est ce qui est en train de se faire, a-t-il poursuivi. On veut que ce soit dans la loi, parce qu'actuellement ce ne l'est pas. Et pour nous, les francophones, ça nous protège à long terme. »

Les organismes continuent de se battre pour une désignation officielle, mais le maire d'Ottawa, Jim Watson, s'est toujours opposé à faire d'Ottawa une ville officiellement bilingue. « Je pense que le maire va changer d'attitude. Moi, je suis encouragé », a mentionné M. Bradet.

Avec Marika Bellavance, Le Droit




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