Un député évincé pour propos «francophobes»

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Le député provincial de Carleton-Mississippi Mills, Jack MacLaren, a été expulsé du caucus du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario.

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Le député de Carleton-Mississippi Mills, Jack MacLaren, a été expulsé du caucus progressiste-conservateur de l'Ontario à la suite de propos qualifiés de «francophobes» tenus en 2012, qui sont revenus le hanter au cours de la fin de semaine.

Une vidéo de ce qui semble être une assemblée publique à laquelle participait M. MacLaren à l'époque a été obtenue par la station de radio ottavienne CFRA, et diffusée sur son site web, dimanche matin. 

On entend dans l'extrait le député MacLaren répondre à des inquiétudes soulevées par des citoyens concernant, entre autres, l'exigence du français pour obtenir des emplois. Un des intervenants dit représenter «Canadians for Language Fairness», une organisation qui milite contre le bilinguisme officiel au Canada.

«Vous n'avez pas à me convaincre de ce qui cloche avec le français dans l'est de l'Ontario», a notamment indiqué M. MacLaren, qui a été élu pour la première fois comme député à Queen's Park en 2011.

«Vous n'entendrez pas parler de ça, parce que nous tentons de nous faire élire», a ajouté M. MacLaren en réponse à un citoyen qui lui a demandé pourquoi le sujet n'est pas débattu publiquement par les politiciens. Tim Hudak était le chef de la formation politique à l'époque.

Dans une déclaration publiée dimanche matin, le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Patrick Brown, a indiqué qu'il se consacre à bâtir un parti moderne et inclusif, «peu importe d'où vous venez, qui vous aimez, où est votre lieu de culte, le langage que vous parlez ou combien d'argent vous rapportez à la maison».

«Malheureusement, je conclus que M. MacLaren ne partage pas ces valeurs. Une fois de plus, M. MacLaren a été surpris à faire des commentaires inacceptables. Cette vidéo est la goutte d'eau qui fait déborder le vase», a ajouté le leader progressiste-conservateur, précisant que M. MacLaren ne pourra se présenter comme candidat du parti à la prochaine élection générale.

M. Brown a rappelé que M. MacLaren a commis des impairs à plusieurs autres occasions, et qu'il demande toujours d'être pardonné.

Il a rappelé que M. MacLaren avait fait des commentaires désobligeants à l'égard des femmes à la Foire de Carp, et qu'il avait publié sur son site web de faux témoignages de faux électeurs vantant son travail.

Réactions

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, a félicité M. Brown pour avoir «réagi promptement, rapidement, en expulsant M. MacLaren du caucus de son parti».

«M. MacLaren a une histoire pour se placer dans des situations difficiles. Je vois que la vidéo date de 2012. Il y avait peut-être d'autres valeurs qui étaient véhiculées au sein du parti à ce moment-là. Depuis ce temps, ils ont changé de chef. Depuis que M. Brown est là, nous avons remarqué que les progressistes-conservateurs veulent se rapprocher de la communauté francophone. Nous venons d'ailleurs d'avoir notre deuxième journée francophone avec le caucus conservateur à Queen's Park. On voit le travail qui est fait à ce niveau. Autour de M. Brown, il y a beaucoup de francophones à qui on peut s'adresser», a expliqué M. Jolin, qui enverra une lettre à Patrick Brown «pour dénoncer les commentaires francophobes de M. MacLaren».

Jack MacLaren a aussi indiqué dans la vidéo de 2012 qu'«il y a beaucoup de choses que nous ferons, mais dont nous ne parlerons pas avant l'élection parce que nous ne nous ferons pas élire». Ces propos inquiètent la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, alors que plusieurs pas vers l'avant sont réalisés pour la communauté franco-ontarienne.

«Ce n'est pas la première fois que ce membre, mais aussi d'autres membres se font attraper à dire qu'une fois au pouvoir, attendez de voir ce qu'on va faire. Je suis un peu inquiète des valeurs que porte M. Brown», a-t-elle lancé.

Nouvelles couleurs

Sur Twitter, Jack MacLaren a indiqué dimanche après-midi s'être rallié au Trillium Party of Ontario, une formation politique marginale de droite créée en 2014 qui se dit une alternative aux partis politiques en place. Il a mentionné qu'il discute de cette option depuis plusieurs mois avec ses électeurs.

«Le Trillium Party of Ontario me donnera l'occasion de parler librement au nom de mes électeurs, de voter librement en leur nom et d'avoir l'opportunité de me prononcer sur toutes les décisions en matière de politiques en leur nom», a expliqué M. MacLaren.

Le Trillium Party of Ontario est né en 2014. Le parti avait une candidate à l'élection complémentaire de septembre 2016 dans Scarborough-Rouge River. Elle est arrivée dernière parmi onze candidats en ne recevant que 36 voix sur les plus de 25 000 exprimées.

La circonscription de Carleton-Mississippi Mills couvre notamment le secteur de Kanata, dans l'ouest d'Ottawa.




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