Une décision mûrement réfléchie, dit la ministre Meilleur

«Je quitte avec beaucoup de peine et un... (Étienne-Fortin Gauthier, collaboration spéciale)

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«Je quitte avec beaucoup de peine et un serrement de coeur», a confié celle qui a piloté le dossier des Affaires francophones à Queen's Park pendant 13 ans.

Étienne-Fortin Gauthier, collaboration spéciale

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Il n'y a pas de bon moment pour quitter la politique. Mais pour Madeleine Meilleur, la décision a été prise la semaine dernière et le moment est arrivé jeudi. Elle annonçait qu'elle tire un trait sur 25 années de carrière politique sur la scène provinciale.

«Je quitte avec beaucoup de peine et un serrement de coeur», a confié celle qui a piloté le dossier des Affaires francophones à l'Assemblée législative pendant 13 ans.

La députée provinciale d'Ottawa-Vanier affirme que le remaniement ministériel qui se prépare en Ontario n'est pas étranger à cette décision surprise. 

«C'est le bon temps. Mme Wynne veut faire une réorganisation de son cabinet. Mardi, je suis allée la rencontrer, je lui ai dit de ne pas me considérer et que j'allais démissionner comme député. Après 25 ans, je veux faire autre chose», a-t-elle confié, tout en se gardant bien de révéler ses prochains projets.

«Il y a des choses qui se sont passées dans ma vie personnelle qui ont fait que j'ai fait une réflexion», reprend la ministre. Sa mère, entre autres, est décédée en juillet 2015. La maladie de son collègue fédéral, Mauril Bélanger, l'a également ébranlé. Autour d'elle, on lui disait de «faire attention de ne pas passer à côté de la vie.»

Ces moments ont nourri sa réflexion.

«J'ai toujours fait passer la politique en premier», dit-elle. Madeleine Meilleur dit vouloir passer plus de temps avec sa famille et son mari Marc LeBoutillier.

Elle veut s'éloigner de l'univers très envahissant de la politique, qui dit-elle, peut facilement devenir une «dépendance». Mais elle restera jusqu'à ce qu'on puisse lui trouver un successeur.

«Pour l'instant, ce ne sera pas la politique... je n'ai rien en vue.»

En démissionnant, la ministre Meilleur aura droit à une prime de départ de six mois de salaire. Par contre, les députés ontariens ne bénéficient pas d'un régime de retraite. 

Réactions québécoise

Nicole Lemieux, chef du bureau du Québec à Toronto, a profité des célébrations du 400e anniversaire de la présence française en Ontario, à Penetanguishene, pour honorer l'héritage de Madeleine Meilleur.

«Les Franco-Ontariens perdent une alliée», a-t-elle soutenu. «Le Québec, lui, perd une collaboratrice de taille. Dans de nombreux dossiers, elle a exercé un leadership exceptionnel. C'est une championne de la francophonie canadienne», a-t-elle ajouté.

Madeleine Meilleur aura également été une «amie de la France», a soutenu le consul de France à Toronto dans un hommage inspiré à la ministre déléguée aux Affaires francophones. 

Marc Trouyet a promis que la France continuerait à être un acteur de premier plan pour protéger le fait français en sol ontarien. «Chers Franco-Ontariens, vous pourrez continuer à compter sur la France pour que la francophonie en Ontario demeure une belle réalité», a-t-il dit.

Madeleine Meilleur laissera un vide, disent ses collègues

Le départ de Madeleine Meilleur laisse un vide qui sera difficile à combler, conviennent les adversaires politiques de la ministre.

De bons mots viennent de France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt, qui n'avait pas prévu cette annonce. Elle avait parlé à la ministre Meilleur tous les jours cette semaine, la dernière fois à 16 heures jeudi. Mme Meilleur ne lui en avait pas soufflé mot.

Selon elle, «Madeleine était francophone avant d'être libérale. Dans le dossier de la francophonie, c'était une alliée. Elle venait me voir pour me dire: "France, ce serait bon que tu me poses une question là-dessus. Ça m'aiderait."» Car il était difficile parfois de vendre une telle décision favorable à la francophonie auprès du caucus libéral et du gouvernement.

Mme Meilleur n'était pas populaire, certes, dans tous les milieux. Elle répondait parfois sèchement et pouvait se montrer difficile, mais selon Mme Gélinas, elle était fidèle au poste. «Ça fait neuf ans que je travaille avec cette femme-là. Dans les neuf ans dans les dossiers de la francophonie, elle ne m'a jamais laissée tomber.»

Le chef du Parti conservateur de l'Ontario, Patrick Brown, soulignait, pour sa part, le dévouement de Mme Meilleur à la cause de la francophonie et des personnes handicapées en ajoutant que le parti choisira quelqu'un qui saura bien représenter le comté d'Ottawa-Vanier.

- Avec Étienne-Fortin Gauthier, collaboration spéciale

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