La ministre Madeleine Meilleur quitte la vie politique

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Madeleine Meilleur aura la francophonie à coeur depuis ses débuts en politique.

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La députée d'Ottawa-Vanier et ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, a annoncé sa démission après une carrière politique de 25 ans.

Mme Meilleur en a fait l'annonce dans un communiqué envoyé tôt jeudi soir. Elle affirme qu'elle remplira ses obligations ministérielles jusqu'à ce qu'un remplaçant soit nommé au poste de procureur général et de celui de ministre déléguée aux Affaires francophones.

«Il ne m'a pas été facile de prendre la décision de quitter la scène politique provinciale; toutefois, après 25 ans, j'en suis arrivée à une étape de ma vie où je souhaite passer plus de temps avec ma famille et avec mes proches», a-t-elle écrit dans sa lettre.

La députée libérale a la francophonie à coeur depuis ses débuts en politique. Elle est ministre déléguée aux Affaires francophones depuis son entrée au caucus libéral en 2003. Plusieurs réalisations pour la communauté francophone ont été accomplies sous son règne, comme l'établissement du Comité consultatif sur les affaires francophones, la création du poste de Commissaire aux services en français, la déclaration du 25 septembre comme Journée des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes pour ne nommer que celles-ci.

«Au plus de 600 000 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens qui habitent cette province, je veux vous dire que les assises de nos nombreuses réalisations communes rendent l'avenir de la francophonie en Ontario plus prometteur que jamais», mentionne-t-elle dans son communiqué.

Depuis son arrivée à Queen's Park en 2003, Madeleine Meilleur a occupé plusieurs fonctions. Elle a été ministre de la Culture, des Services sociaux et communautaires, et des Services correctionnels. Elle a été la première femme à occuper le poste de Procureure générale de l'Ontario et lors de sa nomination en 2014, elle n'a pas hésité à dire qu'il s'agissait d'une immense fierté à la fois pour la communauté franco-ontarienne et pour les femmes d'accéder à ce poste convoité. 

L'infirmière de formation et avocate spécialisée dans le droit du travail et de l'emploi a mené à terme plusieurs dossiers au cours des 13 dernières années à l'Assemblée législative de l'Ontario. Elle a entre autres travaillé sur l'adoption de lois favorisant l'inclusion sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle, été le fer de lance des efforts déployés en vue de l'adoption de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario et entrepris de nombreuses initiatives ayant contribué à faire avancer l'accès à la justice en Ontario.

La Franco-Ontarienne d'adoption, originaire des Hautes-Laurentides, a été conseillère de la municipalité régionale d'Ottawa-Carleton et conseillère municipale de Vanier, puis d'Ottawa, avant de se lancer en politique provinciale. 

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a réagi à la nouvelle par communiqué, jeudi soir. Elle a souligné entre autres le travail qu'a réalisé Mme Meilleur au fil des années. «Madeleine a été une voix forte pour les Franco-Ontariens pour plus d'une décennie et son travail sans réserve pour faire avancer les intérêts de la communauté francophone aura un impact à long terme dans notre province.»

La députée d'Ottawa-Vanier a reçu plusieurs prix et distinctions au cours de sa carrière. Elle a entre autres reçu un prix hommage de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario pour ses 10 années au poste de ministre déléguée aux Affaires francophones en 2013, l'Ordre national de la Légion d'honneur du gouvernement de la France en 2012 et le prix d'excellence du Réseau socioactif des femmes francophones en 2002.

La députée d'Ottawa-Vanier est la deuxième à annoncer sa démission cette semaine. Le ministre des Affaires municipales, Ted McMeekin, a affirmé qu'il quitterait ses fonctions lundi.

Onde de choc dans le milieu politique

L'annonce de la démission de Madeleine Meilleur a causé la surprise dans le milieu politique jeudi.

Les messages d'hommage ont déferlé sur les réseaux sociaux et les personnes jointes par LeDroit s'entendent toutes pour dire que la francophonie perd une grande dame.

Impliquée pour faire reconnaître le fait francophone en Ontario, Madeleine Meilleur aura laissé sa marque dans la communauté franco-ontarienne. 

«Chère Madeleine, tu étais une superstar. Respectée par tous comme une leader francophone. Personne d'autre que toi n'était plus dévouée à ses convictions, ses électeurs et sa province», a écrit son collègue Bob Chiarelli dans un courriel qu'il a envoyé à la députée démissionnaire.

M. Chiarelli, qui a côtoyé Mme Meilleur en politique municipale à Ottawa et à Queen's Park se souvient du dévouement de cette dernière. «Elle était passionnée par son travail. C'était une fierté pour elle de servir la communauté franco-ontarienne», ajoute-t-il.

Ministre déléguée aux Affaires francophones depuis 2003, la sexagénaire a travaillé de pair avec les différents regroupements franco-ontariens de la province. 

«C'est une ministre et députée francophone qui a su prendre sa place, se souvient Denis Vaillancourt, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. Elle a su démontrer avec éloquence qu'elle est une francophone qui a osé et qui a toujours tenu à préserver sa langue et sa culture.»

Guy Matte, président du comité provincial sur les affaires francophones, a lui aussi travaillé à maintes reprises avec la députée et considère qu'elle a accompli de grandes choses pour les francophones. «Il faut reconnaître l'apport de cette ministre. Tous les progrès faits au cours des 12 dernières années pour la francophonie elle a eu la main dedans.»

De son côté, le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury semblait ébranlé lorsqu'il a appris la nouvelle. «Madeleine était une mentore pour moi. Depuis que je suis élu nous avons travaillé ensemble de façon rapprochée et c'est une personne qui m'a guidé dans les dossiers à la Ville», soutient-il.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, garde un bon souvenir de ses années à collaborer avec Mme Meilleur. «Elle défendait avec acharnement la communauté franco-ontarienne et le transport en commun, et sa participation à ces débats nous manquera. Je lui souhaite la meilleure des chances dans ses projets futurs.»

La présidente du mouvement SOS Montfort et ex-mairesse de Vanier, Gisèle Lalonde, a tenu à saluer le parcours de son amie. «C'est une très grosse perte pour nous. Je lui souhaite une bonne santé et une bonne retraite. Elle avait une lourde tache et a travaillé fort pendant toutes ces années.»

De son côté, celui qui s'est déjà occupé des Affaires francophones à Queen's Park, Bernard Grandmaître, n'avait que de bons mots pour elle. Il se souvient particulièrement de l'apport de la ministre dans la création du poste de Commissaire aux services en français. «Elle a définitivement apporté beaucoup à la francophonie. Madeleine a fait son grand possible. Ça va être difficile de la remplacer.»

Le parcours politique de Madeleine Meilleur en quelques dates

  • 12 novembre 1991: élue conseillère municipale à Vanier
  • 13 novembre 2000: élue conseillère municipale du quartier Rideau-Vanier, au sein de la nouvelle Ville d'Ottawa
  • 2 octobre 2003: élue députée d'Ottawa-Vanier à Queen's Park - elle succède à la libérale Claudette Boyer
  • Octobre 2003 à ce jour: ministre déléguée aux Affaires francophones
  • Octobre 2003 à avril 2006: ministre de la Culture
  • Octobre 2006 à octobre 2011: ministre des Services sociaux et communautaires
  • Octobre 2011 à mars 2014: ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels
  • Juin 2014 à ce jour: procureure générale de l'Ontario

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