Les réformes en santé sèment la crainte chez les Franco-Ontariens

Le ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskins... (Chris Young, Archives PC)

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Le ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskins

Chris Young, Archives PC

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Les francophones devront avoir leur place dans la réforme des soins de santé de l'Ontario, s'entendent pour dire des experts qui ont débattu de la question jeudi lors d'un débat organisé par le Réseau des services de santé en français de l'est de l'Ontario.

Le danger, c'est que les francophones perdent leurs acquis, et ce, même si l'accès à des services en français est un droit reconnu. Car bien d'autres éléments entrent en ligne de compte dans le vaste projet de réforme annoncé en décembre par le ministre de la Santé, le Dr Eric Hoskins.

Il y a beaucoup d'éléments positifs dans cette réforme proposée, lance Jacinthe Desaulniers, du Réseau des services de santé en français de l'est de l'Ontario, dont l'accent sur les soins primaires et l'intégration de services, Mais le danger réside dans sa mise en oeuvre, dit-elle.

«Il y avait un travail qui était fait pour s'assurer que les francophones soient desservis par des employés francophones. Est-ce que ça va se maintenir?»

Jacinthe Desaulniers
intervenante

Elle craint par exemple que les francophones y perdent au change s'il y a fusion du Centre d'accès aux soins communautaires, qui gère les soins à domicile et de longue durée, et du Réseau local d'intégration des services de santé de Champlain. Ce centre a été désigné institution bilingue, ce qui garantissait des postes bilingues.

«Il y avait un travail qui était fait pour s'assurer que les francophones soient desservis par des employés francophones. Est-ce que ça va se maintenir?» s'interroge Mme Desaulniers.

Cela dit, le ton a changé. Pour la première fois, un document de travail du ministère de la Santé identifie les Franco-Ontariens - tout comme les nouveaux arrivants, les populations autochtones et les personnes avec des défis de santé mentale - comme un groupe qui n'est pas toujours bien servi par le système de santé provincial.

Or, la présidente du Conseil consultatif en matière de soins de santé auprès du ministre Hoskins, Mariette Carrier-Fraser, y voit plutôt une occasion d'améliorer ce qui existe et de faire de nouvelles avancées. Selon elle, le ministre Hoskins a reconnu en partant «qu'il y avait un manque d'équité au niveau des services pour les francophones.»

Il y a «une ouverture de plus en plus grande parmi les fonctionnaires, précise-t-elle. J'ai confiance que les choses vont s'améliorer parce que ça fait trois ans que je suis présidente du conseil et j'ai vu un changement pas mal intéressant.»

Mme Carrier-Fraser est convaincue que les francophones auront «un accès plus équitable» aux soins de santé dans leur langue. Des lacunes, cependant, il y en a, notamment au niveau des services en français pour les personnes âgées qui sont «mal coordonnées», ajoute-t-elle.

Selon ce qui est proposé, on prévoit une intégration des services, la priorité aux patients grâce à des sous-divisions administratives et l'accent sur les soins primaires.

Un projet de loi à cet effet se fait toujours attendre.

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