Le premier Ontarien à obtenir l'aide médicale à mourir est décédé

Le premier Ontarien qui avait obtenu d'un tribunal le droit à l'aide médicale à... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

Le premier Ontarien qui avait obtenu d'un tribunal le droit à l'aide médicale à mourir pour abréger ses souffrances est décédé moins de 24 heures plus tard.

L'Ontarien de 81 ans est mort vendredi matin, ont fait savoir ses proches.

« Notre bien-aimé mari, père et grand-père est décédé paisiblement et dans la dignité, avec l'aide de ses bienveillants médecins, a écrit la famille dans un communiqué.

C'était sa vie et son choix, et nous l'appuyons inconditionnellement dans ce choix. »

La veille, un juge de la Cour supérieure avait accordé l'exemption constitutionnelle qui permettait à « A.B. » de surseoir aux dispositions du Code criminel interdisant l'aide médicale à mourir.

Le patient ontarien, qu'on ne peut identifier, souffrait d'un cancer incurable et douloureux, et il était parfaitement lucide au moment de sa requête.

Sa famille et ses médecins le soutenaient dans sa décision.

« Nous sommes tellement reconnaissants des soins et du soutien prodigués tout au long de sa maladie par des médecins éclairés et compatissants qui, comme A.B., croyaient fermement qu'une personne a le droit de décider de son propre sort lorsque la douleur devient intolérable et qu'il n'y a plus aucun espoir de guérison », écrit la famille.

Le juge Paul Perell avait aussi accepté que les proches n'aient pas à prévenir le coroner du décès d'A.B., qui serait alors tout simplement attribué à la maladie plutôt qu'aux médicaments administrés pour provoquer le coma et la mort.

Il s'agit du premier cas d'aide médicale à mourir approuvée par un tribunal en Ontario, et le troisième au pays - à l'exception du Québec, qui a adopté sa propre loi l'an dernier.

Des tribunaux en Alberta et au Manitoba ont déjà acquiescé à de telles requêtes.

La famille d'A.B. a aussi salué vendredi le courage du défunt, « qui a puisé dans le peu d'énergie qu'il lui restait la force de mener cet ultime combat, auquel il croyait profondément ».

Les proches ont d'ailleurs rappelé le plaidoyer d'A.B. lu au tribunal jeudi, dans lequel l'octogénaire déplorait avoir dû consacrer les derniers moments de sa vie à cette procédure judiciaire.

Dans l'arrêt Carter, prononcé en février 2015, la Cour suprême du Canada a invalidé les dispositions du Code criminel qui interdisaient le suicide assisté, car elles « portent atteinte de manière injustifiée » à l'article 7 de la Charte des droits et libertés : « Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ».

Le plus haut tribunal du pays a accordé à Ottawa un an pour modifier la loi.

Le gouvernement libéral, élu en octobre, a demandé une prolongation de six mois, et la Cour lui en a accordé quatre - jusqu'en juin.

En attendant, les Canadiens hors Québec doivent demander une exemption constitutionnelle s'ils veulent obtenir l'aide médicale à mourir.

Au Québec, cet acte médical n'est pas judiciarisé mais il est strictement encadré par l'État.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer