L'université francophone verra le jour, estime Madeleine Meilleur

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Selon la ministre Madeleine Meilleur, il devrait y avoir suffisamment de fonds dans le budget Sousa pour réaliser ce projet.

Martin Roy, LeDroit

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Aucune décision finale n'a été arrêtée au sujet de la création d'une université francophone en Ontario, mais le Collège Glendon de l'Université York à Toronto semble être un lieu idéal, estime la ministre responsable des Affaires francophones, Madeleine Meilleur.

Selon elle, il devrait y avoir suffisamment de fonds dans le budget de trois milliards de dollars consacré à l'éducation pour réaliser ce projet, le cas échéant. Dévoilé jeudi, le budget du ministre des Finances, Charles Sousa, n'en faisait pas mention, mais tout espoir n'est pas perdu, a fait valoir la ministre lors d'une rencontre en comité éditorial au quotidien LeDroit.

«Dans l'enveloppe de trois milliards, je pense qu'on pourrait trouver de l'argent là-dedans, justement pour ça.»

Un comité d'experts se penche actuellement sur le projet d'une université francophone et doit soumettre ses recommandations au gouvernement de Kathleen Wynne.

À première vue, Toronto semble être une décision logique, car c'est une ville d'immigration où la population francophone grossit à vue d'oeil, a précisé la ministre. «Je pense que le comité va recommander que ce soit Toronto, pour la simple et unique raison que la communauté francophone grandit à cet endroit. Ce n'est plus dans l'est, c'est à Toronto.»

Selon elle, la population francophone explose à Toronto et dans le centre de la province - à London, par exemple, où l'on a construit une nouvelle école francophone. «À Toronto, c'est incroyable. Nos écoles, on ne peut pas les construire assez rapidement et elles sont remplies.»

Elle privilégie le campus du collège francophone de Glendon à l'Université York, qui devrait cependant être scindé de York et doté de son propre conseil d'administration. Glendon est en bon état et il y a de l'espace pour grandir, a-t-elle fait valoir. C'est là, par contre, où les choses se compliquent: l'Université York hésite à céder Glendon.

«Mais il y aurait des façons de le faire», ajoute la ministre sur un ton optimiste.

Le modèle de gouvernance n'a pas été arrêté, ni le genre de campus, mais le modèle d'une université virtuelle à distance a été éliminé. Pour avoir une masse critique de francophones, il y aurait peut-être lieu de regrouper les élèves de cette université, du Collège Boréal qui a pignon sur rue à Toronto et de Glendon. Glendon est en bon état et il y a de l'espace pour grandir.

Contrer l'assimilation

Pour Madeleine Meilleur, l'existence d'une université francophone en Ontario serait un moyen de contrer l'assimilation. La clientèle visée, c'est les étudiants du secondaire, les francophiles et les jeunes qui ont fait le programme d'immersion en français.

Dans un premier temps, il faudrait offrir des baccalauréats dans des disciplines générales.

«On ne s'attend pas à avoir 10 000 étudiants la première année», affirme la ministre.

Chose certaine, il y a une «inquiétude» chez certains qui craignent que l'Université d'Ottawa perde des étudiants francophones, reconnaît la ministre, mais elle en fait peu de cas.

«Il n'y a pas de risques. Il y a déjà 45 000 étudiants à l'Université d'Ottawa. On ne sait pas quel modèle ça va prendre, peut-être que l'université francophone va avoir des contrats avec l'Université d'Ottawa, avec la Laurentienne, le Collège Dominicain, St. Paul, l'Université de Hearst et les collèges.»

A priori, toutefois, les jeunes ne cherchent pas à recréer l'Université d'Ottawa, car elle est perçue «comme une université bilingue et non une université francophone.» Ils veulent une université complètement francophone gérée par un conseil d'administration en français, a fait valoir Mme Meilleur.

«La communauté est divisée, je dois vous le dire, sur une université francophone, mais moi, j'y crois. J'y crois parce qu'on a d'autres provinces où la population francophone est bien nombreuse et ils ont leur université francophone.»

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