Kathleen Wynne présente des excuses officielles aux Franco-Ontariens

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a présenté des excuses lundi... (Archives PC)

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a présenté des excuses lundi à la communauté francophone de sa province pour l'imposition du Règlement 17, qui interdisait l'enseignement du français dans les écoles primaires de la province.

Décrivant le Règlement 17 comme un «obstacle» à l'épanouissement des Franco-Ontariens, elle a rappelé la vive lutte menée par les francophones contre cette politique qui interdisait aux écoles d'enseigner le français au-delà de la deuxième année.

En raison de «l'adoption honteuse» du Règlement 17 en 1912 par le premier ministre James Whitney, plus d'une génération de Franco-Ontariens a été privée d'une éducation dans leur langue maternelle, a déploré la première ministre lors d'une courte allocution à l'Assemblée législative de l'Ontario.

«Le Règlement 17 manquait de respect à l'égard de l'identité et de l'égalité de Franco-Ontariens et au nom du gouvernement de l'Ontario, je présente des excuses.»

Dans son récit, Mme Wynne a souligné que parents et enseignants s'étaient soulevés contre cette mesure impopulaire. Elle a toutefois passé sous silence la célèbre bataille des épingles à chapeaux à l'école Guigues d'Ottawa en 1916.

«De nombreux enseignants ont résisté et continué d'enseigner en français», malgré de fortes pénalités imposées aux récalcitrants, a poursuivi Mme Wynne. Les écoles qui insistaient pour offrir des cours en français perdaient leur financement, tandis que «les enseignants perdaient leur brevet» et les enfants, leur langue.

«La communauté francophone a eu peur que ses enfants ne perdent l'usage de la langue française. Les francophones ont alors renforcé leur détermination et se sont mobilisés politiquement dans la presse et devant les tribunaux.»

Fondé en 1913, le quotidien LeDroit avait comme «mission précise de s'opposer au Règlement 17», a ajouté la première ministre. «Cent deux ans plus tard, LeDroit demeure un pilier de la communauté francophone.»

Après 1927, le gouvernement ontarien a cessé d'appliquer le Règlement 17, qui a toutefois conservé sa force de loi jusqu'en 1944.

Des mesures concrètes

De son côté, la chef du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath, y est allée plus fort. Qualifiant l'époque du Règlement 17 «de période noire pour les Franco-Ontariens et tous les Ontariens», elle a souligné que le gouvernement Whitney avait voulu «assimiler» les francophones et ce faisant, avait compromis leur avenir.

Tout en saluant la démarche du gouvernement Wynne, elle a rappelé que les Franco-Ontariens faisaient toujours face à de nombreux obstacles, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation.

Il ne faudrait pas oublier les leçons du Règlement 17, a clamé Mme Horwath. «Nous n'avons toujours pas d'université francophone.»

Chez les conservateurs, le député Steve Clark de Leeds-Grenville a souligné à son tour que ces excuses officielles devraient être accompagnées de «mesures concrètes.»

Il a précisé que le chef conservateur Patrick Brown appuyait l'idée d'une université francophone.

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