Fait français en Ontario: Meilleur dresse un bilan positif

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario,... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, est particulièrement fière des célébrations du 400e anniversaire de présence française dans la province.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le gouvernement de Kathleen Wynne a mis le pied sur l'accélérateur pour reconnaître le fait français en Ontario en 2015, a fait valoir la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur.

Elle dresse un bilan positif de ses réalisations, en réponse aux directives énoncées par la première ministre Wynne dans une lettre de mandat qu'elle lui confiait en septembre 2014.

L'une des réalisations dont la ministre Meilleur est la plus fière, ce sont les activités pour commémorer 400 ans de présence française dans la province, célébrations qui ont connu «un succès inespéré», a-t-elle confié au quotidien LeDroit.

Elle évoque la Franco-Fête de Toronto, la présence d'une vitrine culturelle et musicale francophone pendant les Jeux panaméricains et le festival Rendez-vous Champlain. Sans compter un investissement de 1,4 million $ dans le nouveau parc de Penetanguishene et le dévoilement d'une plaque officielle de l'Ontario en France pour signaler le départ de Champlain du port d'Honfleur vers l'Ontario.

Le président de l'AFO, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Denis Vaillancourt reconnaît en effet que la francophonie ontarienne a reçu une visibilité inespérée lors des activités du 400e. «Un succès sans mesure», qualifie-t-il. Il trouve intéressant également que l'on rende publiques les lettres de mandat confiées aux ministres et la réponse de ces derniers.

Le cas de Markham

Mme Meilleur voit d'un bon oeil aussi la désignation partielle de l'Université d'Ottawa en vertu de la Loi sur les services en français, ainsi que celle de Markham.

C'est donc dire qu'à compter du 1er juillet 2018, les bureaux du gouvernement ontarien à Markham devront offrir des services dans les deux langues. La mise en oeuvre de ces services prendra trois ans, a précisé la ministre. Une évaluation sera faite pour minimiser les coûts et les désagréments. On comblera les postes lorsqu'il y aura des départs de retraite, par exemple.

«On ne veut pas mettre les gens dehors pour les remplacer par des gens bilingues.»

Oshawa est dans la mire de l'Office des affaires francophones pour être désignée région bilingue, mais mieux vaut ne pas retenir son souffle. «Ça fait six ans que c'est à l'étude», signale M. Vaillancourt.

Selon Mme Meilleur, la communauté franco-ontarienne a avancé de façon exceptionnelle depuis 10 ans, mais il reste du chemin à faire. Elle dit ne pas rencontrer de résistance au sein des ministères pour offrir des services en français dans certaines régions désignées bilingues. Or, elle ajoute du même souffle qu'il faut développer des formations pour renforcer la pratique de l'offre active.

«On ne veut pas à avoir à demander. Ce qu'il faut, c'est qu'on offre des services», dit-elle.

Le palais de justice d'Ottawa

Au palais de justice d'Ottawa, on a lancé un projet pilote visant à faciliter l'accès aux services en français. Selon la ministre, en s'inspirant de cette expérience, il sera possible d'étendre les services ailleurs.

L'expérience semble prometteuse, souligne M. Vaillancourt. Il rappelle toutefois que les tribunaux ontariens sont censés offrir des services en français, mais le problème, c'est que ce n'est pas évident de trouver des greffiers bilingues - surtout à l'extérieur d'Ottawa, de Toronto et de Sudbury. L'offre active de services est donc difficile à appliquer. M. Vaillancourt dit espérer que ce projet pilote permette de trouver des pistes de solution.

Il enjoint d'ailleurs la première ministre Wynne à prendre un rôle de leadership dans ce domaine, en s'assurant «que tous les ministres aient l'obligation de travailler à l'offre de services en français».

Côté santé, M. Vaillancourt aurait aimé voir des progrès plus considérables. Aucune mention dans ce bilan de Mme Meilleur d'un livre blanc sur la santé, déplore-t-il. Il aimerait bien que le gouvernement Wynne désigne un sous-ministre adjoint de la Santé pour veiller aux programmes de services de santé en français un peu comme cela se fait au ministère de l'Éducation.

Université francophone: il ne faut pas précipiter les choses, dit la ministre

Le projet d'une université francophone retient également l'attention de la ministre Meilleur. Selon elle, le projet progresse. Un rapport doit être soumis au gouvernement au courant de l'année.

Mme Meilleur est favorable à l'établissement d'une université francophone, mais il faudra voir si c'est réalisable. «Le besoin est à Toronto, je pense que c'est unanime», dit-elle. Reste à savoir si cette université, si elle voit le jour, s'allierait avec le collège Glendon...

«Il faut aligner les étoiles pour que ce soit un succès», rajoute la ministre, en donnant l'exemple du Collège des Grands Lacs, «une faillite totale».

Si le collège La Cité a pris de l'expansion, elle n'est pas certaine que le Collège Boréal puisse en dire autant.

L'un des défis, c'est d'encourager les jeunes à se tourner vers une institution universitaire francophone au lieu de s'inscrire dans une université anglophone. En ce sens, une université francophone en Ontario doit répondre «pas juste à des aspirations, mais à des besoins».

«On ne veut pas se précipiter pour ouvrir quelque chose qui va fermer dans cinq ans», résume Mme Meilleur.

À Queen's Park, un projet de loi sur la création d'une université francophone a franchi l'étape de la deuxième lecture. M. Vaillancourt s'en réjouit, mais «demeure sur son appétit». «À un moment donné, il faut avoir une volonté claire d'investir à long terme.»

Il souhaite également de nouveaux programmes postsecondaires en français dans le centre-sud-ouest de la province. Entre 211 000 et 215 000 francophones vivent entre Toronto et Windsor, rappelle-t-il.

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