Règlement XVII: le député de Sudbury réclame des excuses

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Le député libéral de Sudbury, Glenn Thibeault

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Alors que s'achève l'année du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, le député libéral de Sudbury, Glenn Thibeault, réclame des «excuses formelles» de la part du gouvernement provincial pour les préjudices causés par le Règlement XVII, dont le libellé a interdit l'enseignement de la langue française dans toutes les écoles élémentaires ontariennes, de 1912 à 1927.

M. Thibeault a déposé lundi une motion à l'Assemblée législative de l'Ontario afin que des excuses officielles soient présentées par le gouvernement aux communautés francophones.

Mis en vigueur en juillet 1912 par le premier ministre conservateur de l'époque James Whitney, le fameux Règlement XVII, qui faisait de l'anglais l'unique langue d'enseignement dans les écoles de l'Ontario, a été appliqué jusqu'en 1927, lorsqu'Howard Fergurson l'a abrogé. Il a finalement été révoqué en 1944.

Durant 15 ans, la langue française a donc littéralement été interdite entre les murs des établissements scolaires élémentaires ontariens.

En entrevue avec LeDroit, lundi en fin de journée, M. Thibeault a indiqué que cette demande d'excuses, réclamée entre autres par l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) du grand Sudbury, représentait une belle occasion de boucler la boucle des commémorations entourant le 400e de la présence française dans la province.

«Ces excuses sont très importantes pour que les Franco-Ontariens de ma circonscription et de partout dans la province puissent tourner la page. Les blessures causées par ce règlement ne sont pas encore fermées», a-t-il indiqué.

La loi instaurée en 1912 par le premier ministre Whitney a laissé des séquelles considérables, estime le député de Sudbury.

«Plusieurs familles ont subi les effets de ce règlement et ont perdu leur français, leur culture et leur héritage. C'est important pour le gouvernement de reconnaître les erreurs du passé. J'aurais aimé que ce soit fait avant, mais il n'est jamais trop tard pour s'excuser», a affirmé M. Thibeault.

«Une tache qui perdure»

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, salue l'initiative de son collègue.

Mme Meilleur soutient que l'application du Règlement XVII représente un «moment sombre» dans le livre d'histoire de la province.

«C'est une tache qui perdure au gouvernement de l'Ontario. Avec ces excuses, qui sont plus que symboliques, on ne viendra pas effacer le passé, mais on vient poser un geste significatif», a-t-elle dit.

Invité à réagir, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Denis Vaillancourt, a dit quant à lui espérer que cette action puisse servir de catalyseur pour l'amélioration de la condition francophone au sein de la province.

Une désignation bilingue pour la province et l'ajout d'une institution universitaire francophone sont autant de demandes des communautés franco-ontariennes réclamées depuis longtemps, a-t-il tenu à rappeler.

«On souhaite que les partis d'opposition se rallient à la demande d'excuses. L'adoption d'une résolution comme celle-ci peut servir de tremplin pour poser des gestes positifs envers la communauté, la reconnaissance et l'amélioration des droits des francophones.»

M. Vaillancourt rappelle que les impacts de cette loi se sont fait sentir pendant des décennies.

«Même si le règlement est passé en désuétude en 1944, l'effet pervers a duré pendant plusieurs générations. Les francophones ont commencé à se réaffirmer seulement dans les années 1960 avec les crises scolaires où on disait que les écoles bilingues ne suffisaient plus et lorsqu'on a décidé qu'on ne voulait plus être gouverné à la merci de la majorité», a ajouté ce dernier.

La résolution du député Glenn Thibeault devrait passer le test du vote en février ou en mars prochain.

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