Gare au racisme, prévient Wynne

La première ministre Kathleen Wynne a visité une... (Martin Roy, LeDroit)

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La première ministre Kathleen Wynne a visité une mosquée d'Ottawa avec à ses côtés l'imam Samy Metwally et le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Yasir Naqvi.

Martin Roy, LeDroit

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Bruce Cheadle
La Presse Canadienne

La première ministre Kathleen Wynne a déclaré, vendredi, que les politiciens avaient la responsabilité de ne pas nourrir le racisme dans l'actuel débat sur l'accueil des réfugiés syriens.

Des paroles qui ont trouvé écho chez le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui n'a pas manqué de rappeler que les questions de sécurité ne devaient pas devenir un masque pour dissimuler de la xénophobie.

«C'est le danger. Que le fait de parler de sécurité nous mène à faire ressortir un courant raciste alors que ce n'est pas qui nous sommes», a dit Mme Wynne.

Les propos des chefs de gouvernement ont été accueillis chaleureusement par l'auditoire de la conférence Canada 2020 organisée vendredi à Ottawa par un centre d'études et de recherches progressiste.

Tant Mme Wynne que M. Couillard ont affirmé être en pourparlers avec le gouvernement libéral nouvellement élu à Ottawa pour organiser l'arrivée des 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année.

Le défi logistique est considérable, a convenu Kathleen Wynne, qui a rappelé que le Canada avait déjà géré des arrivées massives de population.

Philippe Couillard a noté que le Québec avait de solides bases en la matière puisqu'il accueille environ 50 000 nouveaux immigrants annuellement et qu'il se préparait déjà à recevoir 3600 réfugiés syriens avant l'élection du gouvernement Trudeau.

«C'est la responsabilité des leaders politiques d'avoir un discours de haut niveau, un discours qui appelle à l'accueil», a-t-il soutenu.

«Bien sûr toutes les vérifications de sécurité sont faites, mais il faut se garder, même (par inadvertance), de souffler sur ces braises-là», a ajouté M. Couillard, faisant allusion à la xénophobie et à la méfiance de l'autre, qu'il a qualifiées de «démons de nos sociétés».

Actes troublants

Ces déclarations surviennent après quelques gestes troublants posés contre des musulmans canadiens à la suite des attaques terroristes de Paris qui ont fait au moins 130 morts la semaine dernière.

À Toronto cette semaine, deux femmes portant le hijab ont été harcelées et bousculées dans le métro. Une étudiante musulmane de l'Université Carleton, à Ottawa, a indiqué qu'elle avait reçu une note dans sa boîte aux lettres disant: «Le Canada n'est pas une place pour les immigrants ou les terroristes. Retourne chez toi.»

On soupçonne qu'un incendie dans une mosquée de Peterborough, en Ontario, était en fait un crime haineux et la police de Montréal a arrêté un homme ayant publié une vidéo sur YouTube dans laquelle il apparaît déguisé en Joker et promet qu'un Arabe sera tué au Québec chaque semaine.

L'ironie, selon le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, c'est que l'une des façons de nuire au rayonnement idéologique des terroristes islamistes est d'accueillir des réfugiés syriens dans une société libre et démocratique.

«Cette crise ne concerne pas seulement un projet humanitaire», a dit M. Sajjan, vendredi, lors de l'ouverture du Forum sur la sécurité internationale d'Halifax.

«Ça envoie un message au groupe militaire État islamique (ÉI) lui disant qu'il a peut-être créé cet environnement pour nous, mais que nous n'allons pas le laisser en tirer profit. En faisant notre part, nous frappons l'ÉI d'une manière différente.»

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