Meilleur rappelle les priorités

Madeleine Meilleur craint pour l'avenir des institutions postsecondaires.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Madeleine Meilleur craint pour l'avenir des institutions postsecondaires.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Eugénie Lambert
Le Droit

(Toronto) La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, est favorable à la création d'une université francophone en Ontario, mais elle estime que l'échéancier proposé est «un petit peu trop ambitieux».

«Nous allons étudier le rapport ainsi que les demandes de ce comité, et la priorité du gouvernement à l'heure actuelle, c'est de se baser sur des structures existantes afin d'élargir l'offre de programmes dans le Centre-Sud-Ouest», a réagi la ministre Meilleur, à la suite du dépôt, hier, du Rapport du Sommet provincial des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français.

«Il faut tenir compte de la conjoncture économique actuelle, a-t-elle poursuivi. On va bien sûr ajouter à la disponibilité de cours et aussi bâtir sur des structures existantes pour l'instant, mais ça ne veut pas dire que dans le futur il n'y aura pas d'université francophone. L'échéancier que le comité a donné, un échéancier de trois ans, je pense que c'est un petit peu trop ambitieux.»

Cette dernière craint notamment pour l'avenir des institutions postsecondaires ontariennes advenant la création d'une université francophone en Ontario. «Je suis pour l'université francophone en Ontario, mais on sait que nos deux universités bilingues et nos collèges sont préoccupés parce que justement, il y a beaucoup de Franco-Ontariens, ça ferait un nombre d'étudiants qu'ils perdraient. Mais ceci dit, je pense que c'est une très bonne suggestion à long terme.»

Elle a rappelé qu'au mois d'octobre 2013, le gouvernement provincial avait lancé un plan d'éducation pour la langue française dans le Centre-Sud-Ouest, investissant ainsi plusieurs millions de dollars dans le but d'«aider les universités bilingues et les collèges francophones à étendre leurs programmes et les services en français dans le Centre et dans le Sud-Ouest.

Interrogé par LeDroit, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt, a dit avoir l'impression que le gouvernement Wynne comprend la réalité des étudiants francophones et reste ouvert au dialogue. Sauf que le plus gros obstacle, à son avis, n'est pas là.

«On met les bouchées doubles pour encourager le gouvernement à faire de même. [...] Ils comprennent la logique derrière tout ça, mais je crois que ce qui les fait hésiter, comme pour d'autres projets, c'est la conjoncture économique. C'est une question de priorités», lance-t-il.

À ceux qui jugent que l'échéancier de 2018 est trop optimiste, M. Vaillancourt réplique que c'est normal de faire référence à une année, une date, parce qu'autrement Queen's Park pourrait étirer l'élastique encore davantage.

«Ça fait 30 ou 40 ans qu'on attend ça. Plus longtemps on retarde le projet, plus des occasions seront ratées», de dire le président de l'AFO.

M. Vaillancourt rappelle, à titre de comparaison, que même si la population est semblable dans les deux cas, la minorité anglophone du Québec a accès à trois universités dans sa langue maternelle, tandis que les Franco-Ontariens n'ont aucune institution.

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