Un grand dialogue se prépare sur l'éducation postsecondaire

Genevieve Latour, Caroline Gélineault, Alain Dupuis et Isabelle... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Genevieve Latour, Caroline Gélineault, Alain Dupuis et Isabelle Gagnon, du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

Étienne Ranger, LeDroit

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Philippe Orfali
Le Droit

Kathleen Wynne insistait pour que les Franco-Ontariens en arrivent à un consensus sur l'éducation postsecondaire de langue française avant de s'engager à créer une nouvelle université. Son consensus, elle devrait l'obtenir d'ici quinze mois, promettent les organisateurs des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français.

D'ici à l'été 2014, de multiples consultations populaires sont prévues aux quatre coins de l'Ontario, afin de dresser le portrait des besoins en matière d'éducation collégiale et universitaire dans la langue de la minorité, ont annoncé jeudi les organisateurs de ces États généraux. Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l'Assemblée de la francophonie (AFO) produiront ensuite une série de recommandations qu'ils formuleront au gouvernement.

C'est la première fois en 20 ans que l'Ontario français est appelé à se prononcer sur la question de l'éducation postsecondaire en milieu minoritaire. Les Franco-Ontariens ont à l'heure actuelle accès à seulement 36% des programmes postsecondaires dans la région de l'est de la province, 33% dans le Nord ontarien et 3% dans la région du centre-sud-ouest.

«Ça fait longtemps qu'il ne s'est rien fait pour l'éducation en français. Cette fois-ci, on a la population étudiante derrière nous pour lutter pour le postsecondaire dans notre langue», affirme l'une des trois coprésidentes du RÉFO, Caroline Gélineault.

Déjà en janvier, un rapport du Comité d'experts en matière d'éducation postsecondaire en langue française dans les régions du Centre et du Sud-Ouest de l'Ontario recommandait au gouvernement de créer des établissements collégial et universitaire dans le centre-sud-ouest, en raison des besoins criants dans ce secteur.

L'université, dernier maillon

«Ce qui nous manque, c'est le dernier maillon de l'éducation franco-ontarienne: notre université bien à nous, estime Denis Vaillancourt, le président de l'AFO. Si le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, l'Alberta et la Saskatchewan (notamment) ont leur institution universitaire de la langue française, l'Ontario mérite aussi la sienne.»

Voilà près de 70 ans que l'idée d'une université véritablement franco-ontarienne circule. Déjà dans les années 1940, le député fédéral de Nipissing, Raoul Hurtubise, demandait une université francophone en Ontario, une idée reprise depuis par de nombreux intellectuels et organismes communautaires, dont l'Association canadienne-française de l'Ontario et la FESFO.

Le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae avait même promis la création d'une université de langue française en 1990, mais n'a jamais donné suite à cette promesse électorale lors de son seul mandat à la tête de l'Ontario.

La première ministre de la province, Kathleen Wynne, a déjà reconnu que l'Ontario doit bonifier l'offre de programmes postsecondaires de langue française. Cela ne passe pas nécessairement par l'établissement d'une université unilingue francophone, avait-elle cependant confié au Droit, alors qu'elle était candidate à la chefferie de son parti.

Mme Wynne avait refusé de s'engager à construire une université franco-ontarienne «tant qu'il n'existe pas de consensus» sur la question. Un état de fait auquel comptent de toute évidence remédier le RÉFO, l'AFO et la FESFO.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, s'est dite «très intéressée» par l'initiative du RÉFO. «Ces États généraux, c'est important de les faire. On attend avec impatience leurs recommandations.»

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