«On ne rouvre pas la Constitution», lance Justin Trudeau

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

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La Presse Canadienne

Justin Trudeau n'a pas tardé, jeudi, à crever le ballon constitutionnel de Philippe Couillard, qui a présenté jeudi après-midi sa Politique d'affirmation du Québec et des relations canadiennes.

Dès son arrivée à la réunion de son conseil des ministres, M. Trudeau a rappelé sa position sur la question constitutionnelle: il ne veut pas en parler.

«Vous connaissez mes opinions sur la Constitution. On ne rouvre pas la Constitution», a-t-il lâché en s'éloignant vers son bureau.

À l'Assemblée nationale, cette première réaction a provoqué, elle aussi, sa part de réactions.

Le chef péquiste y a vu «une gifle». «Le premier ministre du Canada vous a dit non ce matin sans même vouloir vous lire», s'est offusqué Jean-François Lisée en interpellant le premier ministre Couillard.

«Le Canada ne se résume pas à la personne du premier ministre du Canada, ni même au gouvernement actuellement à Ottawa, ou au parti politique formant le gouvernement», a répondu le premier ministre Couillard.

«Pour ce qui est de la réaction du premier ministre du Canada, il aura l'occasion, je crois, de reprendre lorsqu'il aura lu le document», a-t-il ajouté.

Au bureau de M. Trudeau, on confirme que Québec n'a pas encore envoyé de copie du document en question. On affirme vouloir l'étudier avant d'y réagir davantage.

Le nouveau chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a lui aussi fermé la porte au débat constitutionnel.

«J'ai travaillé très fort au Québec, a-t-il rappelé. J'ai voyagé dans beaucoup de régions, parlé avec beaucoup de gens et aussi partout au Canada et je n'ai pas le sentiment qu'il y a un appétit pour un nouveau débat constitutionnel.»

«Hautain, méprisant et arrogant»

À Ottawa, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) n'a pas mâché ses mots à l'endroit du premier ministre.

«J'ai trouvé ça méprisant et arrogant que M. Trudeau ferme la porte à toute discussion sans avoir lu le document», a dénoncé Thomas Mulcair.

«C'est hautain, c'est méprisant, c'est arrogant, mais c'est du grand Trudeau en ce qui concerne le Québec, a-t-il continué. C'est ce que son père faisait, c'est ce que lui fait. Il essaie toujours de faire de la politique sur le dos du Québec.»

Il a assuré que le NPD serait un allié pour le Québec.

Le chef parlementaire du Bloc québécois, Xavier Barsalou-Duval, a qualifié la réaction du premier ministre canadien de «fédéralisme radical».

«M. Trudeau ne fait pas preuve d'ouverture, il n'écoute pas les gens. Il ne veut même pas aborder la question, savoir ce qui est proposé par M. Couillard, a-t-il lancé. Ce n'est pas une façon de diriger un pays de manière dogmatique comme ça.»

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a fait valoir que les relations entre le Québec et le Canada sont loin d'être tendues.

«La Chambre des communes a reconnu la nation québécoise, a-t-elle rappelé. On a financé la fête nationale pour la première fois de notre histoire la semaine passée. Alors, c'est de bonnes nouvelles. On a de bonnes relations avec les Québécois.»

Certains députés fédéraux démontrent toutefois plus d'appétit pour la réouverture du débat constitutionnel que le premier ministre Trudeau.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, croit qu'il s'agit d'un bon moment pour le faire.

«Pourquoi pas? Nous ne sommes pas dans une crise, a-t-elle dit. C'est important d'avoir ces conversations quand le climat politique est plus calme.»

Elle y voit une approche pour discuter d'autres questions comme la réforme du Sénat ou même enchâsser la protection de l'environnement dans la Constitution.

Guy Caron, candidat à la direction du NPD, croit que le fruit est mûr pour «corriger une situation historique» qui devra l'être tôt ou tard.

«Je suis très déçu de la manière cavalière dont le premier ministre (Trudeau) a refusé la demande tout à fait légitime de M. Couillard», a-t-il dit.

«Je ne pense pas que l'approche du Québec était confrontationnelle et, en ce sens, je pense qu'on devrait accueillir cette demande, a-t-il ajouté. Au moins, d'avoir des pourparlers initiaux.»

Mais la porte semble être fermée à double tour chez les députés libéraux fédéraux.

«On est en 2017, moi je suis rendue à autre chose», a affirmé la ministre du Revenu national, Diane LeBouthillier.

«Je ne pense pas qu'il y ait d'appétit actuellement», a dit le député libéral Pablo Rodriguez.

«Si on commence à dépenser la même énergie que dans le passé au lieu de s'occuper de la classe moyenne, des familles, des aînés, je ne pense pas que les Canadiens soient bien contents, incluant les Québécois», a-t-il poursuivi en précisant qu'il allait lire le document de Philippe Couillard avec intérêt.

Même son de cloche du président du caucus libéral. «Je connais très bien mon comté, ma région et ce n'est pas du tout une priorité pour les gens du Lac St-Louis ou de Montréal», a à son tour affirmé Francis Scarpaleggia.




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