Madeleine Meilleur: «erreur monumentale» de Trudeau, selon Mulcair

Le passé partisan de Madeleine Meilleur en fait... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Le passé partisan de Madeleine Meilleur en fait un choix controversé comme prochaine commissaire aux langues officielles.

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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Paul Gaboury
Le Droit

Madeleine Meilleur a eu droit à un accueil hostile, jeudi, au parlement, alors qu'elle a eu à faire face aux critiques nourries des députés de l'opposition qui contestent le processus derrière cette proposition du premier ministre Justin Trudeau pour le poste de commissaire aux langues officielles.

L'ancienne ministre libérale à Queen's Park avait été invitée à comparaître devant le comité des langues officielles pour expliquer son intérêt pour ce poste d'agent du Parlement, dont le salaire s'élève à plus de 310 000 $.

«Dans mes nouvelles fonctions, je serai non partisane, a-t-elle assuré. Je ne peux effacer 13 ans de politique partisane à intérieur de mes fonctions comme ministre. Mon objectif et ma passion ont toujours été la défense des francophones. J'étais la seule francophone au cabinet. J'ai toujours fait ce travail pour défendre les francophones.»

Les députés libéraux ont tour à tour souligné l'engagement et le travail de l'ancienne députée d'Ottawa-Vanier à titre de ministre responsable des affaires francophones de l'Ontario. 

C'était avant de recevoir les attaques nourries de l'opposition. Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a lancé à l'ancienne ministre qu'il ne contestait pas ses compétences, ni son engagement, mais plutôt ses allégeances libérales qu'elle ne peut effacer. «Et c'est ça le problème», a-t-il répété plus d'une fois, de même que le processus non transparent ayant mené à sa nomination.

Dans son témoignage, Madeleine Meilleur a admis qu'elle avait quitté Queen's Park et qu'elle avait espoir d'obtenir un poste de sénatrice. 

Des libéraux lui ont fait comprendre que les anciens politiciens ne seraient plus nommés par Justin Trudeau au Sénat. 

Après avoir pris connaissance «sur la rue» de la bouche même de Graham Fraser qu'il quittait son poste de commissaire, elle a décidé de postuler en novembre 2016. Elle a finalement appris que son nom avait été retenu en avril, de la ministre de la Justice.

Madeleine Meilleur a contribué 5000 $ au Parti libéral, et 500 $ à la campagne de Justin Trudeau. Elle a aussi eu accès à des libéraux influents avant d'être invitée à des entrevues où l'un d'entre eux était présent. 

Les néodémocrates et les conservateurs soutiennent qu'elle a pu profiter d'un accès privilégié que les autres candidats n'ont pas eu. Ils ont d'ailleurs déposé une demande au président des Communes afin qu'il se prononce sur le processus qui a mené à la proposition de Mme Meilleur. 

Au terme d'un échange d'une heure trente en comité parlementaire, l'opposition n'était pas plus convaincue. 

«Justin Trudeau a commis une erreur monumentale de prendre quelqu'un qui a contribué à son élection et qui n'a pas la distance politique, a martelé M. Mulcair. C'est hautement politique et partisan. Cela minerait la crédibilité du commissariat s'il allait de l'avant avec cette nomination.»

Mélanie Joly

L'opposition s'est déchaînée pendant la période des questions en Chambre. La ministre responsable du dossier des langues officielles, Mélanie Joly, a passé une bonne partie de la séance à défendre la nomination. 

Avant son entrée aux Communes, lors d'une brève mêlée de presse, elle avait insisté sur la compétence et l'expérience de la candidate retenue par Justin Trudeau et esquivé les questions sur les rouages du processus de nomination.

«L'objectif du processus est de trouver la meilleure candidate. Nous l'avons trouvée, nous en sommes très fiers», a tranché Mme Joly.

Au bureau de Justin Trudeau, on a continué de défendre, jeudi après-midi, le processus ayant mené à la sélection de la libérale de longue date. «La décision de nommer Mme Meilleur est le résultat d'un processus rigoureux, ouvert et entièrement fondé sur le mérite», a écrit dans un courriel Cameron Ahmad, l'attaché de presse du premier ministre.

«Après de nombreuses évaluations, Mme Meilleur s'est révélée être la candidate la plus qualifiée pour cet important poste», a-t-il ajouté, confirmant dans un courriel subséquent que le gouvernement n'avait pas l'intention de retirer la nomination contestée.

Avec La Presse Canadienne




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